Routiers et ministres wallons se sont quittés sans accord

Le ministre wallon du Budget, le socialiste Christophe Lacroix.
Le ministre wallon du Budget, le socialiste Christophe Lacroix. - © BRUNO FAHY - BELGA

Les camionneurs restent mobilisés et très remontés ce mercredi contre la fameuse taxe kilométrique entrée en vigueur au 1er avril. Des blocages sont signalés dans divers zonings de Wallonie ainsi que sur certains points routiers stratégiques.

Ce matin, certains chauffeurs avaient envisagé d'aller bloquer les accès au Parlement wallon, à Namur. Ils ont finalement pris la direction de Jambes où se trouvent les bureaux du ministre du Budget, le socialiste Christophe Lacroix. Ce dernier a du coup décidé de les inviter à participer à une réunion qui a débuté vers 11h30, en présence de son homologue des Travaux publics, le cdH Maxime Prévot.

Autour de la table: aucun représentant des fédérations patronales, juste des indépendants. A nouveau, ils sont venus sans mandat de leurs collègues et parlent plutôt en leur nom propre. On a donc l'impression que cette rencontre est une sorte d'exutoire à la colère des transporteurs, plutôt que d'une véritable négociation.

La réunion est a priori tendue. Les routiers n'ont pas du tout apprécié la position du ministre Prévot. "C'est extraordinaire, s'exclamait Fabrice Ausloos. Le ministre est contre le fait de nous aider mais nous répond: "Continuez à manifester!" Sa réponse est rapide et radicale. La nôtre aussi dès lors!"

Les transporteurs ont donc remis sur la table leur revendication principale: le report de la redevance. Toujours aussi inacceptable pour Maxime Prévot, qui se fait plus menaçant: "Si le combat, de leur point de vue, peut paraître légitime, les moyens employés ne semblent plus l'être. En ce qui nous concerne, nous disposons d'une capacité d'action, via des astreintes notamment. A ce stade, tout est envisagé."

Dans ce contexte tendu, les bases n'étaient pas idéales pour un déblocage de la situation. Les routiers n'étant pas prêts non plus à céder un millimètre. Dominique Rolot craignant d'ailleurs que, sans accord, le mouvement se durcisse. "Les chauffeurs sont bien décidés. On ne désire pas en arriver là. Il faut trouver une solution. Il faut un report sinon cela va mal tourner."

Finalement, les acteurs se sont quittés peu après 14h00 sans le moindre accord (pas de report de la redevance), chacun campant sur ses positions. Les chauffeurs rencontrés à la sortie nous ont répété une nouvelle fois qu'ils s'attendent à ce que le mouvement se durcisse un peu partout.

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