Rodin au Musée Rops à Namur, jusqu'au 8 janvier 2012

Rencontre avec Véronique Carpiaux, conservatrice du Musée Rops

Que cherchaient-ils, l'un et l'autre ?
Ils cherchaient à représenter la femme de leur temps, dans toute sa modernité. Ils privilégiaient la femme qu'ils voyaient marcher dans la rue. Loin des poses académiques que les modèles prenaient dans les écoles d'art. Plusieurs fois par jour Rodin faisait venir des modèles dans son atelier, et les faisait poser dans des positions parfois très inconfortables. Il n'y a avait pas de chauffage, elles devaient bouger, parfois danser et prendre des positions intimes. Et c'est vrai que la représentation du sexe féminin, est presque un pivot dans la représentation du corps féminin pour ces deux artistes.
On peut qualifier l'expo de coquine ?
Je dirais plutôt qu'ils sont inspirés par la nature, et bien sûr quoi de plus naturel que l'amour, l'accouplement humain, les embrassements humains comme disait Rops. Et la communion d'esprit de ces deux artistes, se fait par l'observation des passions humaines. Dante a beaucoup inspiré Rodin, notamment pour "la porte de l'enfer". Baudelaire, qui va influencer Rodin,  très impressionné par le fait que Rops et Baudelaire se sont rencontrés lorsque ce dernier était en Belgique. Cet univers littéraire va influencer les deux artistes, pour la représentation de la femme, de l'amour et des couples.
La scénographie est orchestrée pour occuper tout l'espace ?
On a voulu que les oeuvres des deux artistes se côtoient, et montrer l'inspiration commune entre ces deux univers. Ce fut souligné par certains critiques d'art de l'époque. Rodin lui-même a avoué avoir vu un dessin de Rops et être rentré chez lui pour le réaliser en trois dimensions. C'est pour cela que la scénographie mêle sculptures et dessins.
C'est exceptionnel comme concentration d'oeuvres de Rodin à Namur ?
Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas eu d'expo Rodin en Belgique. C'est une importante collaboration avec le Musée Rodin de Paris, qui nous a prêté des plâtres fantastiques. C'est précieux, puisque ce sont les sculptures qui ont le plus de chance d'avoir été touchées par les mains de l'artiste. Quand elles sont fondues où sculptées, ce sont des fondeurs ou des ouvriers sculpteurs qui réalisaient les projets de Rodin.
Ces petits plâtres sont assez uniques, puisque c'est Rodin lui-même qui après avoir travaillé la terre, les moulait en plâtre.

Il y aura des animations pour un public plus âgé ?
L'expo n'est pas proposée aux écoles, en tout cas aux plus jeunes, en raison de la représentation audacieuse du corps féminin. Mais nous proposerons des visites guidées gratuites certains dimanche. Nous allons ouvrir également en nocturne un vendredi par mois, avec une conférence gratuite. Pour terminer en beauté, la chorale du Champeau proposera une balade amoureuse le 6 janvier.
Christine Pinchart



Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK