Robert Halleux et "Les mauvais perdants de la science"

Charles Darwin caricaturé en singe par Pierre Duhem
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Charles Darwin caricaturé en singe par Pierre Duhem - © Collection CHST

"Les mauvais perdants de la science", c'est d'abord le titre d'un livre que le professeur Robert Halleux est en train d'écrire. C'est aussi le titre d'une exposition présentée jusqu'au 25 janvier à l'Espace Wallonie.

Rencontre avec le professeur Robert Halleux, directeur du Centre d'Histoire des Sciences et des Techniques ( CHST) à l'ULg.

Constat

Dans l'histoire de la science on s'intéresse toujours aux gagnants. On nous présente l'histoire de la science comme un chemin triomphal où de grands hommes font de grandes découvertes.

La recherche

Mais, faite par des hommes pour des hommes, il arrive aussi que la science se trompe, dérape, et engendre des perdants.

Il y a des bons perdants, ceux qui finissent par reconnaître leurs erreurs et s'inclinent devant l'évidence.

Mais il y a aussi les mauvais perdants, ceux qui, pour des raisons idéologiques, dogmatiques, économiques ou pour des raisons de pouvoir, ne se remettent pas en question, s'accrochent à leurs idées périmées, et les défendent par tous les moyens, bons ou mauvais, en recourant éventuellement et même souvent à la force.

Cette recherche, cette exposition et le livre en devenir sont une réflexion sur la nécessité d'un esprit critique permanent dans toute démarche scientifique.

Les mauvais perdants de la science présentés démontrent, par l'absurde et, des fois, par l'horrible, la nécessité d'une rigueur scientifique, d'un esprit débarrassé de l'emprise des dogmes, et de la régulation éthique de la science.

Cette démonstration est faite à partir des deux crises majeures de la science: l'affaire Galilée et la crise darwinienne

Ces deux théories majeures vont déclencher des stratégies de rejet, de déformation ou d'élimination chez les mauvais perdants.

 

L'exposition

C'est une exposition légère constituée de panneaux avec quelques images et quelques textes significatifs. De quoi déclencher la réflexion.

Cette exposition est conçue pour être itinérante. Elle se pose jusqu'au 25 janvier à l'Espace Wallonie (Ilôt St-Michel) avant de circuler dans les diverses institutions culturelles qui la souhaiteraient.

Une exposition conçue et réalisée par le Centre d'Histoire des Sciences et des Techniques de l'Université de Liège.

chst@ulg.ac.be

 

Le livre

Sa sortie est prévue en été aux éditions Armand Colin

 

L'interview de Robert Halleux

Cliquer ci-contre pour écouter le professeur Halleux présenter, avec son enthousiasme et sa sagacité coutumière, les différentes facettes de cette problématique des "mauvais perdants de la science" ("L'affaire Galilée" - la crise darwinienne - darwinisme et créationnisme - le cas Lyssenko - darwinisme et nazisme - aujourd'hui encore - Le CHST)

 

En conclusion

Les mauvais perdants de la science, ce sont les dogmes et leurs défenseurs.

L'exposition se termine sur cette phrase de Miguel de Unamuno (1864-1936), recteur de l'Université de Salamanque:

"La vraie science nous apprend à douter et à être ignorants".

 

Philippe Jacquemin

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