Rive Gauche, pièce maîtresse du renouveau de Charleroi?

Rive Gauche, pièce maîtresse du renouveau de Charleroi?
Rive Gauche, pièce maîtresse du renouveau de Charleroi? - © Tous droits réservés

Trois ans de chantier. 250 millions d'euros d'investissements. Le nouveau centre commercial de centre-ville Rive gauche affiche les nouvelles ambitions de toute une ville. Plus de 1200 personnes y travaillent depuis des semaines pour peaufiner les derniers détails d'un projet dont le but n'est ni plus ni moins que de relancer l'ensemble de la ville basse de la cité carolo. Un nouveau cœur qui va battre et tenter de faire circuler sa nouvelle vie à travers toutes les artères de la ville.  

Mais un centre commercial peut-il régénérer tout un centre urbain? La dynamique économique entraîne-t-elle d'autres réussites dans son sillage telle une vague qui touche tous les aspects de la métropole hennuyère à la recherche de son glorieux passé?

L'emploi, le strict minimum

L'arrivée de Rive Gauche à Charleroi, c'est la promesse de nombreux emplois. Nonante-cinq enseignes concentrées sur 39 000 m² vont générer à terme près de 800 emplois presque simultanément: "C'est réellement une excellente nouvelle pour beaucoup de chercheurs d'emplois du coin, se réjouit Manon qui désespérait de trouver du travail depuis la fin de ses études voici 4 ans. Il n'y avait pas de possibilités dans la région donc ça fait beaucoup de bien d'avoir ces perspectives".

Les nouveaux postes sont d'autant plus une bonne nouvelle qu'avec la fermeture de Caterpillar, l'agglomération de Charleroi a été touchée de plein fouet par les mauvaises nouvelles en matière d'emploi. Mais la volonté d'engager carolo ne s'est pas limitée aux emplois peu qualifiés: "Tant au niveau des vendeurs que des gérants, il y a eu une véritable volonté de travailler avec des régionaux dès le départ dans le but d'offrir des contacts, des conseils et une connaissance des particularités des clients de Charleroi", explique Thomas Cornil, shopping manager et Carolo lui aussi. Une volonté qui se traduit en chiffres. Au total, sur près de 800 jobs, plus de 80% sont occupés par des gens de la région. Cela atteint parfois plus de 90% par exemple chez Delhaize donc 11 collaborateurs sur 12 viennent de Charleroi. Le dernier vient lui de La Louvière. Local donc.

Le client, nerf de la guerre

Mais finalement, ces centaines d'emplois ne suffiront évidemment pas pour relancer l'activité de tout un centre-ville qui tourne au ralenti depuis très (trop) longtemps. Les autorités de la ville ont demandé énormément de patience aux autres commerçants de la zone avec une seule promesse: le retour des acheteurs. Car depuis des lustres, par manque de variété des enseignes, par insécurité ou par des simples à priori, ni les voisins de Charleroi, ni les Carolos eux-mêmes ne viennent plus dans la ville pour faire leurs emplettes: "75 000 ménages s'exportent dans d'autres pôles commerciaux lorsqu'ils ont des achats à faire, détaille Jean-Luc de Calonger, président de l'Association du Management de Centre-Ville. Ils vont d'abord en périphérie directe mais aussi beaucoup plus loin. D'ailleurs énormément de clients se dirigent vers Namur par exemple".

 

 

Pour autant, le nouveau centre commercial va-t-il déstabiliser d'autres pôles jusqu'ici fréquentés par les habitants de Charleroi? "C'est vrai que le portefeuille du client n'est pas extensible. Donc s'il revient vers sa ville, il n'ira plus dépenser cet argent ailleurs. Il pourrait y avoir donc des pertes, comme à Namur ou plus près à City-Nord à Gosselies. S'il y a moins de clients, cela pourrait avoir un effet retour sur l'emploi dans quelques temps. Mais pour la plupart des pôles commerciaux fréquentés par les Carolos, l'effet devrait être marginal".

Renouveau hermétique?

Le bouillonnement commercial dans l'enceinte du nouveau centre commercial va-t-il pour autant avoir vocation à redynamiser l'ensemble de la zone? Les promoteurs de ce type de projet n'ont pas les mêmes objectifs que les autorités de la ville: "Lorsqu'ils pensent à l'architecture, un promoteur tentera toujours de garder son client à l'intérieur du complexe, argumente Jean-Luc Calonger. Ici, les discussions ont été âpres mais je crois, et c'est une première en Belgique, que l'architecture est pensée pour inviter le client à entrer mais aussi à sortir vers la ville. Il y a énormément de voies différentes, des verrières qui donnent une perspective vers l'extérieur et les autres commerces".

C'est là tout l'enjeu. Le projet ne peut atteindre son objectif qu'en incluant un nouveau dynamisme pour toutes les rues commerçantes alentours. Exsangues, elles se meurent après plusieurs années de négligences et de travaux. Quelques survivants peuvent en témoigner, leur ville ne sera plus jamais la même mais au moins espèrent-ils un renouveau durable et au bénéfice de tous.

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