Retrouvée sur le mur de l'Atlantique, voici la barrière belge qui devait bloquer les chars allemands en 1940

Benjamin Heylen, conservateur du Musée 40-45 de Malèves, a restauré une barrière construite par l'armée belge en 1939
Benjamin Heylen, conservateur du Musée 40-45 de Malèves, a restauré une barrière construite par l'armée belge en 1939 - © Flou

Dans une prairie de Perwez, une centaine de passionnés ont reconstitué ce week-end un campement de l'armée américaine durant la seconde guerre mondiale : les tentes, les jeeps, les armes... A l'entrée du camp trône une lourde grille en acier, la pièce maîtresse de cette reconstitution. Un souvenir pourtant peu glorieux pour les alliés et l'armée belge en particulier.

Un peu avant l'invasion allemande, fin 1939, l'armée belge commande dans la précipitation 70.000 barrières "Cointet", du nom de son inventeur français. Mises bout à bout sur 40 kilomètres, de Louvain à Namur, ces lourdes grilles en acier doivent stopper l'offensive allemande. "Mais cette ligne de défense va se révéler inutile, explique Benjamin Heylen, conservateur du Musée du souvenir 40-45 de Malèves (Perwez). Suite à une mésentente entre les Britanniques, les Français et les Belges, la ligne de défense alliée est finalement fixée 15 kilomètres plus à l'ouest. Et quand les Allemands arrivent à hauteur du mur de barrières Cointet, il n'y a personne pour opposer une quelconque résistance".

"On grimpait dessus comme des singes"

Après la capitulation, les grilles vont rester là quelques mois, devenant un improbable terrain de jeu pour les enfants du coin. "Nous grimpions sur les barrières comme des petits singes, se souvient Louis Jaumotte, un habitant de Perwez aujourd'hui âgé de 85 ans. Mais au bout de quelques mois, les Allemands ont demandé aux fermiers du coin de les transporter à la gare de Perwez avec leurs chevaux. "

Hitler avait compris que le danger d'un débarquement sur le mur de l'Atlantique se précisait. Une bonne partie des 70.000 barrières Cointet sera transférée vers les plages normandes et bretonnes.  "A marée haute, elles étaient immergées, explique B Heylen. Le 6 juin 1944, beaucoup de barges américaines se sont échouées sur ces grilles belges."

C'est là, 70 ans plus tard, que quelques passionnés ont découvert une barrière Cointet enfouie dans le sable. Elle a été ramenée à Perwez et restaurée. Une belle prise pour le petit musée du souvenir 40-45 de Malèves. Sur les 70.000 grilles fabriquées à l'origine, il n'en reste que quelques-unes.

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