Aïd: retard de livraison des bêtes sacrifiées à cause d'un système trop "moderne"

Après les retards importants intervenus dans la livraison des bêtes pour la Fête du sacrifice, la situation se débloque peu à peu. Mais les fidèles devront encore faire preuve de patience jusqu’à ce soir, 20H. Les raisons invoquées sont un problème informatique et le manque de formation du personnel sacrificateur.

Pour Noé Martens, conseiller à la Région de Bruxelles Capitale, en charge des liens avec la société chargée de l’abattage, les retards sont sur le point de se résorber. Pratiquement, 400 bêtes ont été abattues hier (lundi) et toutes ont été livrées depuis. 

Encore 250 bêtes à livrer

Il restait, ce mardi matin, encore 250 bêtes à livrer, mais leurs propriétaires ne pourront en prendre possession qu’à partir de 20H, au plus tôt.

Pour les Bruxellois et les Anderlechtois la remise aura lieu dans le site d’abattage de Bruxelles-ville.  Les Schaerbeekois et les Molenbeekois disposent de leurs propres sites d’abattage. Quant à L’heure tardive de remise des bêtes sacrifiées, elle serait déterminée par une organisation pratique: "pour éviter de faire venir les gens trop tôt et leur donner de faux espoirs".

L’informatique et la formation

Selon Noé Martens, évoquant les explications données par les techniciens, l’origine des nombreux retards accumulés doit être trouvée dans un problème informatique.

"La panne a touché un logiciel chargé du suivi de chaque animal qui appartient à un propriétaire particulier. La panne informatique ne permettait plus de tracer l’animal, ce qui a entraîné l’arrêt de la chaîne."

La seconde raison des retards viendrait de l’utilisation d’une nouvelle chaîne d’abattage. " Il s’agit d’un système novateur qui était utilisé pour la première fois. Le personnel a donc dû s’y habituer et la chaîne a fonctionné plus lentement que prévu en raison de la courbe d’apprentissage."

La responsabilité est établie

Aux yeux de la Région, le prestataire n’a clairement pas rempli les conditions du contrat, estime Noé Martens : "Le prestataire a été choisi dans le cadre d’un marché public. Il est lié à la Région par une convention qui établit ses diverses obligations et cette convention n’a pas été respectée. Une cadence était convenue, de même qu’une procédure d’encadrement des fidèles. Lorsque l’événement sera terminé, la Région examinera, à tête reposée, les conséquences à réserver au non-respect du contrat ".

Le prestataire choisi n’était pourtant pas un débutant. Il avait déjà travaillé à Namur avec succès, assure le représentant de la Région bruxelloise: "Ce sont des professionnels de la filière viande. Nous n’avions aucune raison de douter de leur compétence". 

Lundi à Schaerbeek : " personne n’a rien reçu "

Si la Région semble rester sereine, ce n’est pas le cas de Bernard Clerfayt, bourgmestre de Schaerbeek, l’une des communes les plus touchées par les retards de livraison des animaux sacrifiés. Sur les 114 personnes qui attendaient, personne n'a rien reçu.

Et ce mardi après-midi, les nouvelles ne sont pas plus claires.

Le bourgmestre Bernard Clerfayt est furieux : " C’est un message catastrophique. En 2005 déjà, la région avait voulu reprendre l’abattage de façon centralisée. Il avait été confié par la région à une société privée. Près du canal, cela a été une catastrophe, l’organisation une boucherie. Maintenant encore, l’organisation centralisée montre une déficience du service public. "

 

 

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