RER wallon à l'arrêt? Le ministre Bellot veut "avancer par phases"

1 an après le "Stop" de Galant au RER wallon, son successeur, François Bellot, s'apprête à donner son feu vert à la reprise du chantier. Ce lundi, la Cour des Comptes rendra son "rapport RER" dans ce dossier à rallonges
1 an après le "Stop" de Galant au RER wallon, son successeur, François Bellot, s'apprête à donner son feu vert à la reprise du chantier. Ce lundi, la Cour des Comptes rendra son "rapport RER" dans ce dossier à rallonges - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Il y a un an, l'ancienne ministre fédérale de la Mobilité, Jacqueline Galant, jetait un pavé dans la mare. L'élue MR annonçait la mort du projet de mise à 4 voies du tracé wallon du RER, faute d'argent... Une déclaration vite "corrigée" par le Premier ministre, puis l'intéressée elle-même (qui parle d'une interprétation erronée), confirmant que le RER brabançon sera bien à 4 voies.

Procédures à relancer

Un peu plus tard, son successeur, François Bellot, se montrait rassurant. "Il faut avancer par phases dans ce dossier. Je trouverai un milliard d'euros à investir dans le rail, dont une partie pour le réseau express régional". Un investissement quelque peu surprenant à l'heure où la SNCB est contrainte à d'importantes économies. Plus tard, le ministre fixera même les échéances : le RER sera terminé en 2024. Seule exception, la ligne Bruxelles-Nivelles, où seul 1/3 du tronçon est passé à 4 voies. Là, les travaux ont pris du retard et il faudra donc attendre 2027, voire 2030.

Dans les faits, depuis un an, les travaux entre Bruxelles-Ottignies (ligne 161) et Bruxelles-Nivelles (ligne 124) sont toujours à l'arrêt. Mais ce week-end, le ministre nous a assuré qu'un accord sur l'investissement était sur le point d'être conclu. La Cour des Comptes rendra d'ailleurs ce lundi un rapport sur le RER, rendu public par l'Echo ce samedi, rapport qui sera transmis aux parlementaires.

Un risque majeur

Selon le ministre, le chantier reprendra par phases. On terminera d'abord les derniers tronçons flamands situés entre Bruxelles et les tracés wallons. Une reprise des travaux qui nécessitera au préalable de nouveaux permis.

"Des permis devront être réintroduits; des appels d'offre, relancés", explique Arnaud Reyman, porte-parole d'Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire. "Certaines autorisations ne sont plus valables. Il faut donc recommencer des procédures, ce qui peut prendre plusieurs années!" C'est surtout vrai sur la ligne 124 vers Nivelles, où les procédures administratives risquent de prendre beaucoup de temps.

Quant au milliard d'investissement prévu, il sera consacré au rail, donc pas rien qu'au RER. Clé de répartition nord/sud oblige, une partie seulement ira au RER wallon : 400 millions d'euros, qui s'ajouteront au solde du Fonds RER et au préfinancement de la Région wallonne. Au total, l'enveloppe RER avoisinera les 900 millions.

Enfin, pour le "Monsieur RER" du Brabant wallon, Philippe Matthis (cdH), le projet Bellot présente un risque majeur. "Avancer par phases, en commençant par les tronçons flamands, c'est prendre le risque d'être à nouveau à l'arrêt une fois les travaux terminés en territoire flamand. Les Wallons ont attendu trop longtemps. Il vaudrait beaucoup mieux redémarrer les travaux côté wallon, puis terminer côté flamand". Le "Petit Tortillard" risque encore de faire parler de lui pendant un bon bout de temps. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK