Exposition sur René Greisch, architecte et ingénieur des ponts haubanés

Le pont haubané de Wandre, inauguré en 1989, est l'oeuvre du bureau d'études René Greisch.
Le pont haubané de Wandre, inauguré en 1989, est l'oeuvre du bureau d'études René Greisch. - © ADs/DR

On connait le grand viaduc de Millau: deux kilomètres et demi au-dessus de la vallée du Tarn, en France. Mais aussi le viaduc de Vilvorde, à Bruxelles, ou encore le pont Père Pire à Ben-Ahin, près de Huy. Le point commun entre ces trois ouvrages d'art? Ils ont été calculés et conçus par le bureau d'études de René Greisch, à Angleur.

René Greisch, ingénieur et architecte, né en 1929 et décédé inopinément en 2000, a largement contribué aux transformations du paysage de notre région, mais aussi en Belgique et à l'étranger. Après la parution aux Editions Prisme d'un ouvrage très documenté, rédigé par l'historien d'art Pierre Henrion, qui retraçait la carrière de ce Liégeois en avance sur son temps, c'est à présent une exposition au Grand Curtius qui fait découvrir en images, photographies, plans, études, l'oeuvre de René Greisch. 

Après des études d'ingénieur civil à l'Université de Liège, René Greisch poursuit par une formation d'architecte. En 1959, il crée son propre bureau d'études. Durant quarante ans, il développera la conception, le calcul et la réalisation d'un grand nombre d'ouvrages d'art et de génie civil.

Professionnel reconnu et homme discret

Le grand viaduc de Millau, ses deux kilomètres cinq cents et ses cent cinquante quatre haubans, inauguré en décembre 2004, est le plus renommé des ouvrages d'art auquel fut associé le bureau de René Greisch. Dans la région liégeoise, les réalisations sont nombreuses: le viaduc de Remouchamps, le viaduc de l'Eau rouge à Francorchamps, le pont haubané de Wandre, le pont de Lanaye, le pont Père Pire à Ben-Ahin, la passerelle Céramique à Maastricht... Ce sont quelques-unes des réalisations signées par René Greisch, entouré de ses équipes d'ingénieurs et d'architectes. L'homme restait discret. L'historien d'art Pierre Henrion, commissaire de cette exposition au Grand Curtius, avait recueilli les témoignages de ceux qui l'ont bien connu. "Un travail enthousiasmant", commente Pierre Henrion. "Durant plus d'une année, j'ai rencontré ceux qui ont travaillé avec lui, pour qui il a développé de nombreux conseils professionnels, et d'autres qui furent ses amis. Cela donne de lui un portrait vivant, une personnalité aux multiples facettes."

A la pointe du modernisme

René Greisch lui-même est à la pointe du modernisme dès le début des années 60. "C'était un précurseur à cette époque", poursuit Pierre Henrion. "Avec des personnalités comme Bruno Albert, Jean Englebert, Roger Bastin, Charles Vandenhove, Bob van Reeth, il a largement contribué à l'essor de nouvelles méthodes de concevoir l'ingénierie et l'architecture, en usant de technologies sophistiquées. Il est également l'architecte de plusieurs bâtiments publics ou privés, auxquels il accordait le plus grand soin. En Cité ardente, on peut citer notamment le bâtiment Trifacultaire et la faculté des Sciences appliquées de l'Université de Liège." 

L'exposition, montée avec la collaboration du Bureau Greisch, offre une vision très large sur ce créateur qui a imposé sa double signature d'ingénieur et d'architecte, et que perpétue aujourd'hui, avec près de 180 collaborateurs, la société qu'il a fondée.

Alain Delaunois

Exposition René Greisch, au Grand Curtius à Liège, jusqu'au 31 mai.

"René Greisch, ingénieur architecte", par Pierre Henrion. Prisme Editions, 248 pages.
 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK