Remplacer les pesticides par des probiotiques et des huiles essentielles dans la culture des fraises

C'est la saison des fraises en Belgique. Les fruits qui ont poussé en serres durant l'hiver débarquent dans les rayons de nos magasins. Et la fameuse criée de Wépion ouvre cette semaine. Mais dans les raviers, le client trouvera peu de fraises bio. En Wallonie, elles représentent moins de 10% des surfaces cultivées, à l'image du Groupement des fraisiéristes wallons qui rassemble 130 producteurs, dont 15 seulement travaillent en bio.

"La fraise est une culture difficile, explique Ellen Bullen, porte-parole du Groupement. Elle est exposée à beaucoup de maladies et de ravageurs. Les producteurs bio doivent surveiller leurs plants comme du lait sur le feu."

La société Medinbio, créée en 2013 par un ingénieur agronome de Gembloux, propose une troisième voie aux producteurs, quelque part entre le conventionnel et le bio.

"Il s'agit d'une intervention globale à base de produits naturels, explique Thierry Picaud, patron de Medinbio. Pour les fraises, notre recette consiste avant tout à renforcer les racines avec des micro-organismes, comme des probiotiques utilisés en santé humaine. Ensuite, quand la plante se développe, on la renforce avec des extraits de prêle, riche en silice, d'ortie, riche en polyphénols ou d'écorce de saule. Et enfin, en guise de traitement contre les maladies, on ajoute des extraits de plantes riches en huiles essentielles, comme du thym, de la girofle ou de la cannelle."

Cette recette offre une palette plus large de solutions d'intervention que la filière bio, mais sans recourir pour autant à des produits chimiques. Une "médecine plus douce" qui a séduit un grand groupe de distribution français, qui commercialise depuis trois ans des fraises "garanties sans pesticides" produites dans le Périgord. Medinbio exporte tous les jours sa méthode et ses produits dans l'Hexagone mais paradoxalement pas en Belgique. "Nul n'est prophète en son pays, regrette Thierry Picaud. La législation française, sous Nicolas Hulot, a autorisé l'usage en agriculture de près de 200 substances naturelles à usage biostimulant. En Belgique, cette liste est actuellement limitée à 20 substances".

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