Remblayer les anciennes carrières de Tournai avec des matériaux inertes

Cela fait de nombreuses années qu'Ipalle, l'intercommunale de traitement des déchets en Wallonie picarde, embrasse ce projet. Et cette fois, c'est vraiment parti.

Ipalle vient de déposer une demande de permis d’urbanisme sur ce site de la carrière Vélorie à Gaurain-Ramecroix, appartenant à la CCB, entreprise avec laquelle l’intercommunale a eu les premiers contacts.

Le projet consiste au remblaiement et au réaménagement d’anciennes carrières au moyen de matériaux inertes (terres de déblais non-polluées surtout, granulats de matériaux pierreux, granulats de béton et de débris de maçonnerie) classifiés comme déchets valorisables. La demande concerne la carrière de l’Essuie-mains et une petite partie de la carrière des Prés, afin de consolider le mur séparant ces deux carrières et l’aménagement d’une voirie d’accès, via le parking de CCB, aux carrières et l’installation sur le site d’un bâtiment technique.

Ipalle est parti d'un double constat et l'intercommunale peut apporter des solutions. "Aujourd’hui, la carrière Vélorie à Gaurain-Ramecroix est une décharge à ciel ouvert. Des centaines de sacs-poubelle flottent dans le fond de la carrière. Le deuxième constat est que les entrepreneurs n'ont plus de solution en Wallonie picarde pour se débarrasser de leurs terres. Du coup, des merlons poussent à gauche et à droite", indique Paul-Olivier Delannois (président d'Ipalle et bourgmestre faisant fonction de Tournai).

Ipalle s'était déjà avancée avec ce projet, mais il a fallu attendre que la carrière voisine de la Baguette, dont le remblaiement était exploité par Cogetrina, du groupe Dufour. En outre, la SWDE, la Société wallonne des eaux, et la locale des Cercles naturalistes de Belgique (CNB) n'étaient pas très partants. Les premiers craignaient pour la nappe phréatique et les seconds voulaient que des zones soient préservées.  

Des représentants d'Ipalle se sont alors rendus à Verviers pour rassurer la SWDE et l'intercommunale prévoit de préserver les zones voulues par les CNB.

"Au moins, avec Ipalle, une intercommunale publique, on peut avoir des garanties que cela sera bien géré", insiste Paul-Olivier Delannois. "Ce ne seront que des terres non polluées. Il y aura un contrôle à l’entrée. Le public apporterait ainsi une solution pour le privé, mais cela ne sera gratuit", précise le maïeur de Tournai.


Laurent Dupuis

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