Réduction du nombre de lits dans les hôpitaux psychiatriques: un retour à la maison pas toujours possible

L'hôpital psychiatrique du Beau Vallon, à Saint-Servais.
L'hôpital psychiatrique du Beau Vallon, à Saint-Servais. - © Google maps

Depuis une réforme en 2011, le nombre de lits dans les hôpitaux psychiatriques ne cesse de baisser. L'idée, c'est bien sûr de faire des économies et, dans le même temps, de changer la façon dont on s'occupe des malades : leur permettre d'être soignés chez eux par exemple ou dans une maison de soins qui n'est pas un hôpital...

Le problème, c'est que les soins à domicile ne conviennent pas forcément à tous les patients. Certains ont besoin d'être suivi de façon très régulière et ce sont bien souvent les proches, les familles qui doivent jouer les aides-soignants.

Pour nous rendre compte de la situation, nous avons rencontré le frère d'une patiente du Beau Vallon, une clinique namuroise qui a dû réduire de 2/3 le nombre de lits.

"Une gestion extrêmement compliquée"

"On a dû la placer en institution. Progressivement, elle a dû y rester car ses réactions devenaient fortes, parfois violentes. C'était très compliqué à gérer. Il lui arrivait même parfois de menacer les gens, avec un couteau par exemple."

Bernard est le frère de Marianne, atteinte d'une déficience mentale et qui présente des troubles profonds du comportement. Marianne vit depuis plus de 15 ans aux "Bleuets", le dernier pavillon de la clinique psychiatrique du Beau Vallon, destiné aux longs séjours. Désormais, avec la diminution du nombre de lits psychiatriques, ses proches vont devoir trouver une autre solution. Le retour à la maison serait très difficile.

"C'est une gestion très compliquée au quotidien. Elle peut être boulimique, ou alors de jeter dans la cuvette des WC dix rouleaux de papier toilette… Il faut la suivre tout le temps."

Il faut alors se tourner vers une structure d'accueil en dehors de l'hôpital, mais les structures subventionnées sont en pénurie en Région wallonne. Conséquence : ce qu'on appelle les "maisons pirates", des structures privées, ont fleuri.

"Evidemment, la principale différence, c'est le financement de cet hébergement puisqu'à l'hôpital, il est pris en charge par la sécurité sociale ; tandis que dans ces maisons pirates, c'est entièrement à la charge du client, explique Xavier de Longueville, directeur médical de la clinique psychiatrique du Beau Vallon. Et puis, aussi, les soins sont très variables. Certaines maisons sont de très bonne qualité ; d'autres beaucoup moins. On l'a par exemple appris dans la presse : certaines maisons ont dû fermer pour des questions d'hygiène."

Arriver à trouver une structure fiable et savoir la financer n'est pas chose aisée, mais ce n'est pas la plus grande crainte de Bernard. "Tout changement chez elle est difficile !"

D'ici quelque mois, ce sera le grand saut dans l'inconnu pour Marianne et son frère le saut dans l'inconnu.

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