Récupérer la chaleur des égouts pour chauffer des locaux, Vivaqua teste la riothermie à Uccle

Rue de Stalle à Uccle, les tuyaux de polyéthylène vont récupérer la chaleur des eaux sales provenant des maisons voisines
Rue de Stalle à Uccle, les tuyaux de polyéthylène vont récupérer la chaleur des eaux sales provenant des maisons voisines - © Tous droits réservés

Chauffer (ou rafraîchir) un bâtiment, grâce à l’eau des égouts… Ce n’est pas de la science-fiction. Le principe de la riothermie n’est d’ailleurs pas neuf, ni compliqué à comprendre. Il s’agit de récupérer la chaleur de l’eau sale, issue de la salle de bains ou de la cuisine des habitations du quartier et d’utiliser ensuite ces calories pour alimenter une pompe à chaleur. De quoi assurer ainsi une partie du chauffage des quinze mille mètres carrés de la nouvelle maison communale d’Uccle.

 

Dix ans de recherches et un premier essai à grande échelle

Si le principe se comprend aisément, sa réalisation ne fut pas simple à mettre au point. Pour le comprendre, il faut plonger quatre mètres sous terre, sous la rue de Stalle. C’est là que nous retrouvons Olivier Broers, directeur des études et des Investissements chez Vivaqua. Il nous montre la centaine de mètre d’échangeurs, ces tuyaux noirs en polyéthylène qui recouvrent désormais le fond de l’égout. Ce sont eux qui capteront les calories provenant des lave-vaisselle ou des douches du quartier. "Les eaux usées étant corrosives, nous aurions dû utiliser des tuyaux en inox ou en aluminium. Problème : ils sont chers. Nous nous sommes donc orientés vers des tubes en polyéthylène haute densité. Avec ce test en conditions réelles, nous visons à terme un déploiement industriel de la riothermie. Dans le cas précis, nous espérons répondre environ à 25% des besoins énergétiques du bâtiment communal. "

De la station d’épuration à la chaudière de la piscine

Dans quelles conditions la riothermie peut-elle trouver sa meilleure utilisation. Nous avons posé la question à Mickael Dumas du bureau d’études Tauw, qui travaille notamment sur les énergies renouvelables. Selon lui, la riothermie serait déjà bien implantée en Hollande mais beaucoup moins en Belgique. Il existe pourtant déjà des réalisations, comme à Hasselt, où on a déjà recours à cette technologie pour le chauffage de la piscine communale. Quelles sont les conditions pour développer un projet de riothermie ? "Pour que le système fonctionne, il faut un centre urbain, dense et suffisamment proche pour éviter la déperdition de chaleur. Il faut aussi un utilisateur qui a un besoin constant d’énergie. Par ailleurs, si la rentabilité environnementale peut être atteinte assez rapidement, la rentabilité économique, elle, est plus compliquée à obtenir. Pour y arriver, on peut, par exemple avoir recours à de la géothermie peu profonde, si l’environnement le permet. Tout dépend du contexte".

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