Reconnue victime du nazisme 77 ans après les faits ... et par hasard

Un petit recueil. Quelques pages en quatre langues. Une histoire vraie rédigée par Helga Herborn. "Rosalie et Jean". Rosalie, c'est le prénom qu'elle donnait pendant la guerre pour passer inaperçu. Elle se souvient du jour où elle a vu les nazis emporter son lit et le piano de son père depuis la cave où elle se cachait. Elle avait moins de cinq ans et cette image la poursuit encore aujourd'hui. Tout est écrit dans ces quelques pages. Son père Allemand anti-nazi qui écrit un article contre Hitler, la fuite vers la Belgique, le mariage avec une Belge et le sentiment d'être en sécurité. Jusqu'à l'invasion et en 1941, la Gestapo qui frappe à leur porte. "Ma mère a crié en pleurs ...mais messieurs les officiers, nous ne sommes pas juifs... J'avais deux ans et demi. À ces mots, mon voisin de quelques années de plus me pousse à travers la haie dans son propre jardin et me fait signe de me taire. Mes parents sont emmenés vers les camps et je grandirai sous une autre identité dans la maison voisine."

Après la guerre, Helga devra affronter les soupçons. Son nom Allemand provoque le doute. Elle est prise pour une fille de nazie. Cette histoire aurait pu disparaitre. Mais il y a quelques mois, Helga décide de transmettre et d'écrire doucement. D'abord quelques lignes. Une histoire modeste comme il en existe des milliers pendant la guerre. Mais un jour, Helga reçoit une lettre. Des félicitations et des photos de la famille royale. Et surtout un recommandé qui l'invite à se présenter à la tour des pensions à Bruxelles. Une certaine "Commission civile d'invalidité" voudrait l'entendre. Elle n'a jamais entendu parler d'eux mais elle répond à leur questions et raconte son histoire. On lui propose un avocat mais elle refuse. Ne sachant pas bien quels étaient les enjeux.

Il y a huit jours, le 15 avril 2019, elle reçoit la décision. Une pension d'invalidité annuelle et des avantages sociaux comme la première classe gratuite dans les trains. Une surprise qui tombe du ciel. 77 ans après les faits. Helga sera désormais invalide de guerre pour les conséquences psychologiques de son histoire familiale. De notre histoire à tous.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK