Comment reconnaître et se débarrasser de la berce du Caucase, cette plante qui provoque des brûlures

Des plantes majestueuses, dont il faut se méfier
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Des plantes majestueuses, dont il faut se méfier - © Grégoire Becq

Majestueuse, la berce est un régal pour les abeilles. Mais malheur à celui qui s’y frotte, la sève provoque de terribles brûlures. En Région Wallonne, des "unités spéciales" sillonnent le territoire et tentent d’éradiquer la berce du Caucase et d’autres plantes invasives. Un travail de titan, qu’il faut sans cesse recommencer.

"Ça a commencé à Saint-Symphorien. Des enfants étaient partis faire des cabanes. Ils ont utilisé des berces. Ils sont revenus tout brûlés", raconte Grégoire Becq. "Alors la Région Wallonne a décidé que ce n’était plus possible de laisser cette plante se propager comme ça, qu’il fallait réagir". Grégoire est à la tête d’une "unité spéciale" chargée d’éliminer les plantes invasives. Il travaille au Moulin de la Hunelle, une entreprise de travail adapté implantée à Chièvres. "Je fais ça depuis 8 ans. Je pense avoir déjà arraché un million de berces !"

Ce jour-là, c’est un chantier à Flobecq qui l’occupe, sur l’ancienne décharge du radar, dans le bois de la Houppe. A cette période de l’année, on voit de très loin les berces du Caucase. Elles peuvent mesurer jusqu’à 3 ou 4 mètres de haut.
 

La première étape consiste à arriver jusqu’aux plantes. "C’est jamais dans des terrains fort faciles. Les ronces… Les orties… Ça ne poussera jamais où c’est facile !" Dans sa combinaison, Grégoire ressemble un peu à un apiculteur. "On a une salopette anti-brûlures. Des gants anti-brûlures et la visière anti-éclaboussures".

L’arrachage se fait à la bêche. Une plante à la fois. "Il n’y a pas d’autre technique ! Il faut bêcher tout autour de la plante, et atteindre la carotte". La berce est ensuite couchée sur le sol, et coupée en petits morceaux. "Sinon, ça peut reprendre ! S’il pleut sur une carotte… Le lendemain parfois, c’est reparti !" Pour l’instant, les berces sont en fleurs. Rien à craindre, côté graines. "Mais si la plante monte en graines, attention aussi ! Une plante, c’est 1500 graines environ. Et une graine peut rester 7 ans dans le sol !" Pour éviter la dissémination des semences, elles sont emportées et finissent à l’incinérateur. Après 7 heures de travail, les hommes sont vidés. "Par trente degrés, c’est dur dur ! Mais on est en pleine nature, souvent dans des sites sauvages, magnifiques. On ne se plaint pas !"
 

L’équipe de Grégoire est active sur 31 chantiers, répartis sur trois provinces. "Le Hainaut, le Brabant Wallon et un peu le Namurois. Nous avons trois clients à l’année, la province, Infrabel et la Région Wallonne".

Grégoire vient de terminer son "deuxième tour". "Généralement nous allons une première fois sur tous les chantiers au printemps. Là nous sommes deux. Puis un second tour à cette période-ci, pendant la floraison, avec 4 hommes. Ensuite éventuellement un troisième tour, à la demande de la Région wallonne".

Ailleurs dans le pays, d’autres "unités spéciales", toutes issues d’entreprises de travail adapté, s’activent pour éradiquer les plantes invasives. Avec quels résultats ? Difficile à estimer. "On élimine chaque fois de plus en plus de plantes, mais on découvre de plus en plus de 'spots'. Le long des autoroutes, par exemple, sur d’anciennes décharges, des sites désaffectés. A Comines-Warneton, nous avons une fois été appelés pour une berce dans un fossé. Un peu plus loin, nous sommes tombés sur un champ entier de berces !" Pour Grégoire, l’action ne peut être efficace que si chaque commune s’investit. "Prenez deux communes. Si l’une décide de lutter contre les plantes invasives, et sa voisine ne fait rien, alors ça ne sert à rien ! Les graines se propagent facilement, par le vent, par les cours d’eau… Il faut toujours recommencer. Et j’ai entendu dire que la Flandre ne luttait pas contre les plantes invasives, alors… Dans des zones frontalières… C’est difficile d’avoir du résultat !"

 

Si vous pensez avoir aperçu une berce du Caucase, dans votre jardin, surtout n’y touchez pas. "Pas d’arrachage à main nue, pas de débroussailleuse, de tondeuse… C’est dangereux ! Et ne pas emmener ça non plus au parc à conteneurs ! Mieux vaut nous laisser faire", recommande Grégoire. Le bon réflexe, selon lui, est de commencer par prévenir la commune, qui avertira la Région wallonne, ou une équipe spécialisée.

Archive JT: à la Calamine, la berce du Caucase envahit les espaces verts (reportage JT du 11 juillet 2016)

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