"Rebel, Rebel": quand le rock et l'art contemporain se télescopent

Dès la première salle, le visiteur est plongé dans l'ambiance d'une salle de concerts
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Dès la première salle, le visiteur est plongé dans l'ambiance d'une salle de concerts - © S. Vandreck

Pour sa première exposition thématique, Denis Guielen, le nouveau directeur du MAC’s, le Musée des Arts contemporains du Grand-Hornu, a voulu créer la rencontre entre deux de ses passions: l’art contemporain et le rock’n roll. "C’est une culture populaire, en face de l’art contemporain qu’on juge parfois élitiste. Il se passe quelque chose d’intéressant entre ces deux formes culturelles, elles sont un peu complexées l’une comme l’autre. Le rock fascine les artistes car la rock star est en communion avec son public, elle s’adresse au grand public, c’est une culture de masse. Il y a aussi beaucoup de collaborations dans le rock, ce sont des groupes. Ce côté populaire fascine d’autant plus les artistes qu’ils se sentent, eux, coupés du grand public. D’un autre côté, les rockers, parfois prisonniers de l’industrie musicale, regardent avec envie les artistes, car ils incarnent un artisanat et une liberté qu’ils ont moins", explique-t-il.

 

It’s only rock’n roll

Cette fascination qu’ont ces deux mondes l’un pour l’autre se traduit dans cette exposition par la figure de l’adolescent et ses différents aspects: la contestation, le conflit de générations, la quête d’une identité. "Bowie, en changeant plusieurs fois de personnage au cours de sa carrière, incarne cette construction artificielle d’un personnage théâtral". La dimension sonore du rock est aussi bien évidemment mise à l’honneur, dès le début du parcours: l’installation du jeune artiste anversois Joris Van De Moortel, reproduit une scène, avec ses amplis, ses néons, en est une bonne évocation. "C’est une installation très chaotique, très électrique, je voulais commencer l’exposition avec un espace de concert", précise Denis Gielen. Dans une installation vidéo, Tony Oursler, qui a signé des clips pour Sonic Youth et Bowie, réunit sept musiciens de manière un peu cacophonique, tandis qu’à la fin du parcours, d’autres écrans, muets ceux-là, montrent en gros plan et au ralenti la transe de certains fans de rock lors de concerts.

Cigarettes and alcohol

Les artistes s’inspirent aussi des pochettes de vinyles mythiques, des guitares, des looks des rock stars. "Mais il n’y a ni la guitare électrique de Jimmy Hendrickx, ni les lunettes de Lennon, ni aucun objet fétiche. Ce n’est pas non plus une exposition autour de rockers qui pratiquent la peinture ou la sculpture, même s’il y en a quelques-uns, qui ont été choisis car leur œuvre plastique est aussi bonne que leur œuvre musicale". C’est le cas des assemblages d’Alan Vega du groupe Suicide ou des photos de Dieter Meier du groupe Yello. Les autres sont des plasticiens, qui ont une attitude rebelle, rock’n roll. "C’est une sorte de seconde nature. Ils auraient pu être des rockers mais ont choisi de faire de la peinture, de la sculpture. Il y a dans leur œuvre le même anticonformisme, la même énergie rebelle, et le même goût de la culture populaire". En témoignent ces autres emblèmes de la culture rock interprétés par des artistes contemporains : la moto, la cigarette, la canette de bière… Une certaine idée de la rock’n roll attitude.

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