Rebecq: un projet éolien revu à la baisse, des riverains loin d'être apaisés

Illustration - éolienne Halle
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Illustration - éolienne Halle - © Rtbf

Environ un an après avoir présenté son projet d’installation de trois grandes éoliennes près de l’autoroute, la société revoit sa copie à la baisse. En cause : les résultats de l’étude d’incidences. Un bureau indépendant a pointé l’impact négatif sur l’environnement d’un des trois moulins. Mais l’annonce de cette modification ne semble pas rassurer certains riverains.

De 3 à 2 moulins

La mouture initiale prévoyait trois éoliennes de 180 mètres de haut, à proximité de l’E-429 (A8). Cette version avait suscité des craintes, des questions et des remarques au sein de la population locale. Mais aujourd’hui, ce sont les résultats de l’étude d’incidences qui poussent le producteur d’énergie à revoir sa copie. On passerait de trois à seulement deux éoliennes, en réduisant aussi la hauteur des machines à 150 mètres. "Avec la troisième éolienne du plan initial, nous étions dans un périmètre d’intérêt paysager", explique Michaël Lavry, chef de projet éolien. En d’autres termes, ce moulin n°3 aurait fait tache dans un paysage "remarquable". Ce mât aurait aussi été "trop proche de ladite Vallée des Oiseaux, ce que nous voulions éviter", précise le promoteur.

La société a donc décidé de réduire la voilure. Tout en augmentant la portance de son projet... Une manière de répondre aux remarques mentionnées dans l’étude et à une partie des griefs soulignés par certains riverains. "En nous contentant de deux éoliennes au lieu des trois prévues, et en réduisant leur hauteur, nous augmentons nos chances d’obtenir le feu vert des instances wallonnes pour avancer dans notre dossier", explique le producteur d’énergie.

"Même en réduisant le "productible", nous restons tout de même dans les objectifs de production électrique attendus", commente Luc Biot, développeur éolien. "Si les deux éoliennes voient le jour, elles pourraient permettre de produire de l’électricité pour 3000 à 4000 ménages, sachant bien sûr que c’est une production intermittente".

Riverains pas rassurés

Selon le promoteur, la nouvelle mouture du projet n’aura guère, voire pas de conséquences au niveau bruit, santé et environnement. Difficile à avaler pour une série de riverains, dont Etienne Mayeur : "Que ce soit près de chez moi ou près de chez personne, l’éolien industriel en Wallonie est une fausse bonne idée. Il y a de grosses interrogations au niveau de la santé, pour l’homme comme pour l’animal, notamment à cause des infrasons. Il y a aussi des craintes pour la biodiversité. En Wallonie, on est en train de détruire les campagnes pour une solution qui est temporaire (durée de vie limitée des machines) et qui est relativement inefficace (production électrique limitée et discontinue)".

"Ce projet se développe dans le mépris le plus total des riverains concernés", souligne Caroline De Vos, de la Plateforme Citoyenne Eoliennes Rebecq. "Jusqu’à ce jour, la société n’a pas répondu aux questions précises et écrites posées par de nombreux riverains, en dépit de plusieurs rappels".

Deux ateliers débats

Engie-Electrabel invite les citoyens à participer à deux ateliers à Rebecq, ces 3 et 5 mars, entre 18h et 21h (infos Rebecq.be). Certains riverains y voient un simulacre de débat démocratique. L’opérateur, lui, explique vouloir organiser des rencontres constructives, dans le respect des intérêts des uns et des autres.

Engie-Electrabel compte déposer sa demande de permis dans les prochains mois. Au final, ce sera à la Région wallonne d’accepter ou non la demande de permis. Sauf recours et retard consécutif, le projet avalisé pourrait aboutir d’ici 2 à 3 ans, après avoir été soumis à enquête publique.

A ce jour, la Région wallonne totalise quelque 300 éoliennes. A l’horizon 2030, entre 300 et 350 éoliennes supplémentaires devraient être installées sur le sol wallon. Les sites visés se situeront dans les terrains proches des autoroutes et des zonings industriels, comme précisé dans le CoDT, le Code du Développement territorial de la Région wallonne.