Qui sont les 250 000 musulmans bruxellois?

Entre 250 et 300.000 bruxellois sont musulmans, aujourd'hui. Mais la moitié d'entre eux seulement sont actifs religieusement. C'est entre 10 et 15% de la population.

'''Les musulmans de Bruxelles et de Belgique, commente Felice Dassetto, se sont doté de toute une infrastructure d’activités très importante. On compte à peu près 200 lieux d’activité religieuse islamique, une partie de mosquées ou des associations, des librairies… C’est quelque chose de très important.''

L'islam est aujourd'hui, après le football, la réalité organisée qui encadre et mobilise le plus de monde à Bruxelles. Davantage que l'église, que les partis, que les syndicats.

L'islam est tout sauf homogène ici, il y a de multiples façons de pratiquer. Même si un courant se démarque depuis la fin des années 90 : le néosalafisme, un courant intellectuel issu d'Arabie saoudite qui est assez rigoriste. ''C’est un retour à la lettre des textes fondateurs de l’islam. Avec aussi une grande insistance sur les aspects d’obligations rituelles, sur la tradition – par exemple – des relations interpersonnelles (notamment hommes/femmes), sur le fait de créer une communauté de gens très orthodoxes, pieux qui seraient une communauté de purs (à la limite contre les musulmans tièdes et séparés du monde non-musulman).''

La population jeune se sent intimement bruxelloise, même si elle veille à garder une identité religieuse, ajoute Felice Dassetto. ''Ce qui m’a frappé, c’est que la grosse partie de la jeunesse musulmane me fait penser à des Ketjes de Bruxelles. Ce sont des gens qui sont nés à Bruxelles, qui y ont grandi et y ont fait leur scolarité. Mais en même temps, ils disent qu’ils veulent être bruxellois et garder leur identité religieuse, qu’ils affichent et affirment publiquement.''

Ces jeunes vivent une forte socialisation religieuse. Elle contraste d'ailleurs avec leur quasi-absence dans la vie civique. ''Tous les mouvements de jeunesse bruxellois, les maisons de jeunes ou de quartier ont très peu de présence de jeunes musulmans. Les mosquées elles-mêmes ne font pas ce travail – tel les paroisses catholiques le faisaient avec le Patro. Il y a peu ce travail d’apprentissage par le jeu.''

Aujourd'hui, Bruxelles est "aussi" une ville musulmane. Il faut composer avec cette réalité. Et pour éviter que les positions des uns et des autres ne se logent dans deux extrémités, il est sans doute plus que temps que la société réfléchisse à jeter de véritables ponts.

Sachez également Felice Dassetto sera l'invité de Jean-Paul Hecq dans l’émission "Et Dieu dans tout ça", dimanche à 11h00 sur La Première .

 

Barbara Boulet

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