Quévy: une source d'eau non-potable utilisée durant plusieurs jours

C'est écrit en tout petit sur quelques feuilles A4 à l'entrée du chemin. Et encore, seuls les résultats de l'analyse effectuée dans le courant du mois de juillet sont indiqués. Sur ces tableaux remplis de chiffres, il est possible de lire que l'eau de la source de Quévy contenait 6 unités de bactéries coliformes par 100 ml d'eau. En termes plus simples: l'eau est impropre à la consommation. Et c'est bien là le problème, à part ces informations illisibles pour la plupart des utilisateurs, aucune autre indication n'explique clairement que l'eau est non-potable: "La plupart des gens passent devant ces feuilles sans regarder. Moi je viens de l'apprendre, explique Michel qui habite juste à côté. J'en ai encore consommé avec ma femme samedi... que voulez-vous faire maintenant?

Des analyses ponctuelles valables 3 mois

Emmanuel Disabato est le premier à avoir constaté le problème. Le conseiller communal Ecolo de Frameries, la commune voisine, est un utilisateur régulier de la source et se félicite d'avoir eu le réflexe de lire ces feuilles: "Je ne comprenais moi-même pas exactement si c'était un problème ou non. Je me suis renseigné et là, j'ai compris. Mais on ne sait rien avec ces indications. Je trouve que la commune devrait faire passer le message clairement en l'indiquant ou mieux, en mettant un pictogramme facile à comprendre même pour des gens qui ne peuvent pas lire par exemple".

L'analyse datant du 11 juillet, la présence de ces bactéries fécales dans la source ne sont même pas certaines. La commune fait vérifier la qualité de l'eau tous les 3 mois mais ce type de pollution peut apparaître (comme disparaître) presque du jour au lendemain: "C'est le problème de ces zones agricoles, décrit Paul Bouvier, chef du laboratoire d'analyse de Hainaut Vigilance Sanitaire, qui a mené l'analyse de l'eau. Il suffit d'une vache, voire d'une grosse pluie comme il y en a eu lors du mois de juin et toutes les inondations. Vous savez, même si une personne pose ses mains sales sur le tuyau et vous pouvez vous retrouvez avec une pollution. Dans l'idéal, il faut procéder à des analyses plus régulières. Surtout si une contamination a été constatée comme ici, pour vérifier si le problème est résolu ou non".

Des milliers de sources de qualité variable

La Wallonie et la Région bruxelloise compteraient des milliers de sources dont un grand nombre chez des privés et donc non déclarées. Quelques communes rendent leur(s) source(s) accessible(s) au public pour se désaltérer voire carrément remplir plusieurs bidons entiers en vue de la consommer à domicile, question d'économies parfois. Malheureusement, l'absence ou l'irrégularité des contrôles pour certains de ces point d'eau rendent la consommation risquée: "Pour les personnes en bonne santé, ce n'est pas un problème majeur. Au pire, un dérangement intestinal plus ou moins important peut arriver, rassure Laurent Paternoste, coordinateur des laboratoires d'analyse de la province du Hainaut. Par contre, pour les personnes âgées, les personnes immunodéficientes ou les enfants, il vaut toujours mieux être prudent et éviter".

Du côté des autorités de Quévy, responsables en cas de problème chez les citoyens ayant consommé de l'eau polluée sur le territoire communal, on affirme que l'ordre avait bien été donné d'apposer un panneau indiquant "eau non-potable": "Ça n'a pas été fait? Vous me l'apprenez", a répondu la bourgmestre Florence Lecompte (PS).

Aucune intoxication n'a encore été constatée mais la Bourgmestre a finalement rapidement réagi et depuis ce lundi après-midi, deux panneaux préviennent les éventuels consommateurs. En espérant que ceux qui ont déjà bu l'eau de cette source cet été n'aient pas été touchés.

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