Assises de Liège: procès reporté après le suicide d'un accusé

Awan, entité d'Aywaille, le village de la famille Hauldebaum
Awan, entité d'Aywaille, le village de la famille Hauldebaum - © MICHEL KRAKOWSKI (archives belga)

Un dispositif spécial de sécurité est mis en place ce matin à la cour d'assises de Liège où débute le procès qui oppose deux familles de forains d'Aywaille: trois membres de la famille Houioux sont poursuivis pour assassinat et tentative d'assassinat. Mais l'un des accusés, Roger Houioux père, s'est suicidé cette nuit.

Les faits se sont déroulés en mars 2007, lors d'une altercation devant un café du centre d'Aywaille. Roger Houioux père a tué Armand Hauldebaum et blessé son fils Joachim dans le dos à l'aide d'un magnum 57. Ce dernier est aujourd'hui paraplégique, un fait divers qui témoigne de la haine qui oppose depuis longtemps à Aywaille, ces deux familles de forains.

A Aywaille, les Houioux sont des forains qui ont plutôt bien réussi. Le clan familial a géré des manèges sur les foires puis investi dans divers établissements de la localité : un restaurant, une friterie, un magasin de vêtements.

Les Hauldebaum, eux, ont moins bonne réputation. Surnommés les quinquins, ce sont essentiellement des ferrailleurs. Ils  vivent dans le village d'Awan. Et quand le clan descend boire un verre dans le centre d'Aywaille, les clients des bistrots baissent le regard. La famille inspire la crainte, dans un climat de western. En 2000, les cafetiers ont lancé une pétition contre les Hauldebaum. A l'époque, ils se plaignaient de voir leurs commerces saccagés par des bagarres.

Les Hauldebaum jalousent la réussite sociale des Houyoux, forains comme eux. Ce ressentiment est sans doute à l'origine du drame de cette nuit de mars 2007. Le père Hauldebaum meurt assassiné. Son fils, blessé, reste paralysé. 

Quelques mois plus tard,  l'auteur des faits, le père Houioux voit sa caravane ravagée par un incendie. Un cocktail Molotov est découvert à proximité. Libéré de prison avant le procès, l'accusé vivait caché, par peur des représailles, un climat de vendetta qui explique les mesures de sécurité exceptionnelles qui entourent ce procès d'assises où seront confrontées les 2 familles de forains.

Mais le procès a été suspendu. A l'ouverture, la cour a en effet été informée du suicide du principal accusé, Roger Houioux. Un suicide survenu cette nuit. Le procès a été reporté à une date indéterminée.

Eric Dagonnier

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