Quels projets éoliens près de chez vous? Notre carte interactive du Hainaut

Le Hainaut, plus que jamais terre d’éoliennes
Le Hainaut, plus que jamais terre d’éoliennes - © Belga - Eric Lalmand

D’Estaimpuis à Chimay, peu de zones de notre province échappent à la pression des développeurs éoliens. Le Hainaut compte aujourd’hui 107 éoliennes, réparties dans une quinzaine de parcs. C’est un tiers de ce que compte la Wallonie. Mais ce sont encore une trentaine de projets hennuyers qui se trouvent dans les cartons des opérateurs : certains n’en sont encore qu’au stade de l’étude d’incidence, mais d’autres sont déjà en cours de concrétisation. La Wallonie doit en fait répondre à des objectifs européens en matière d’énergie éolienne : elle s’est engagée à en produire 1250 Mégawatts d’ici 2020, 2000 d’ici 2030, alors qu’elle en produit aujourd’hui 750. Nous vous avons recensé les différents parcs éoliens hennuyers sur une carte interactive, en fonction de leur état d’avancement: en bleu, les projets existants; en jaune, les projets soumis à une étude d'incidence; en violet, les projets en demande de permis; en rouge, les projets qui font l'objet d'un recours; en vert, les projets autorisés ou en construction. (source: Facilitateur énergies renouvelables). Cette liste est arrêtée au 31 décembre 2016, et n'est donc pas exhaustive. Elle ne comprend pas non plus les projets frontaliers, côté flamand (Herne, Avelgem...) ou côté français. 

5 questions à Bruno Claessens, responsable du service Facilitateur énergies renouvelables

1. L’éolien reste-t-il la source d’énergie renouvelable privilégiée, par rapport au photovoltaïque, à la cogénération ou à l’hydroélectrique?

Elles sont toutes privilégiées, car la solution au défi auquel nous devons faire face réside dans un mix de solutions renouvelables. Mais il est vrai que l’éolien, du fait de sa faible emprise au sol, soit quatre ares par éolienne, et de sa facilité de mise en place et d’installation, est une technologie privilégiée.

 

2. Pourquoi les opérateurs jettent-ils leur dévolu sur la province de Hainaut?

On ne peut pas toujours implanter là où on le souhaiterait. L’implantation des parcs éoliens doit répondre à toute une série de critères, dont le gisement venteux, les contraintes aéronautiques, tant civiles que militaires, les distances avec les habitations... Le Hainaut est la région la plus venteuse de Wallonie, c’est donc celle que les développeurs éoliens privilégient en général. En Hainaut, nous bénéficions des courants qui viennent directement des zones maritimes. Ce sont des vents qui n’ont pas encore connu trop de rugosités et qui ont donc une stabilité et une force intéressantes. D’autres régions de Wallonie sont aussi intéressantes, mais cela nécessite des études de vents au cas par cas. Pour ce qui est des subsides, ils existent encore mais uniquement pour tout projet inférieur à 1 Mw. Le Hainaut bénéficie d’un régime plus avantageux, du fait de l’Europe. Mais pour le grand éolien, il n’y a plus de primes à l’investissement. Ce critère n’impose donc pas de deadline particulier dans la mise en œuvre des projets.

 

3. Y a-t-il encore de la place en Hainaut pour d’autres projets que ceux qui sont déjà en route?

Je pense qu’il en reste. On est dans une province avec une densité de population peu élevée, ce qui fait qu’il reste certainement des sites à exploiter. Mais je ne vous cache pas que les meilleurs sites sont déjà exploités ou réservés. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire : il reste des extensions de parcs à aménager. Vu l’évolution de la réglementation, on privilégie aussi les installations le long des autoroutes, avec un appel d’offre lancé l’an dernier par la Sofico. Les nuisances sonores et l’impact visuel sont plus réduits, mais ce n’est pas pour autant que le gisement venteux sera intéressant. Il reste aussi peut-être des zones d’activité économique qu’on n’a pas encore exploitées. Je pense qu’on n’a pas fini d’installer des éoliennes en Hainaut.

 

4. Mettent-il plus de temps à se concrétiser que les premiers parcs éoliens implantés chez nous?

Sans aucun doute, les délais se rallongent. Non pas parce que la réglementation le prévoit, mais parce que le nombre de contestations et donc de recours est plus important qu’avant, de la part d’associations de riverains ou parfois de communes, qui les renvoient devant le Conseil Etat. Cela a pour effet de rallonger les délais d’obtention de permis de trois, quatre, voire parfois cinq ans. On est aujourd’hui dans un délai moyen de sept à huit ans. Mais les projets ne sont pas tous enterrés pour autant. Ils le sont parfois quand on sent que les autorités sont fermement opposées au projet, qu’on avait sous-estimé une grosse contrainte ou lorsque des espèces rares sont présentes dans les environs. Mais ce qu’on observe aussi souvent, c’est une adaptation des projets, voire une réintroduction de demande de permis en repartant de zéro, avec un parc peut être réduit de deux éoliennes ou avec une nouvelle configuration qui provoque moins de nuisances d’un point de vue environnemental.

 

5. A quoi va ressembler le paysage de la province? Verra-t-on des éoliennes à chaque coin de rue?

On va certainement voir quelques parcs encore émerger en province de Hainaut, on ne va pas dire le contraire. Mais de là à ce qu’on arrive à une saturation d’éoliennes dans le paysage, la réponse est clairement non. D’une part parce que le délai est trop court, mais surtout parce que la réglementation vise à empêcher cette saturation et à préserver des paysages où on n’éprouvera pas une impression d’encerclement. Il ne faut cela dit pas nier que la Wallonie s’est fixé des objectifs ambitieux et que l’on va voir le nombre de parcs éoliens se développer : pour 2020, on devrait atteindre une puissance installée de 1250 Mw en Wallonie, on est à 750 aujourd’hui. Pour 2030, on vise un peu moins de 2000 Mw. Mais n’oublions pas qu’il reste de vastes zones non exploitées en Wallonie, comme les zones d’exclusion militaire, toujours interdite aujourd’hui mais des pourparlers sont en cours pour en libérer certaines. Le Hainaut n’est pas concerné pour l’instant.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK