Que va coûter l'annulation de la vente des sociétés detenues par Nethys?

Le conseil d’administration de Nethys a démissionné. C’est la suite de la décision du gouvernement wallon de casser la vente de Voo aux américains de Private Equity. Stéphane Moreau est donc démissionnaire comme administrateur, mais jusqu’ici, il reste le patron de Nethys. Et le déloger de ce poste pourrait coûter très cher.

Car Stéphane Moreau a été très créatif lors de la rédaction de son contrat à la direction du groupe. Car en cas de départ, il dispose non pas d’un mais de deux parachutes dorés. Comme patron de Nethys, il est indépendant et s’il est licencié il a droit à une prime de deux années de salaire. Mais en cas de départ comme indépendant, il deviendrait alors salarié pour la même entreprise. Un statut qui lui donne droit à une prime de départ de cinq ans de salaire. Reste à savoir à quoi correspondent ces années de salaire. Lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire wallon, Stéphane Moreau avait déclaré gagner 839.000€ bruts par an. Entre-temps, le gouvernement wallon a décidé de plafonner le salaire des dirigeants des intercommunales à 240.000€ par an. Le patron de Nethys devrait donc gagner ce montant à l’heure actuelle. Mais rien ne garantit que son parachute doré ne soit plus calculé sur base de son salaire précédent. Avec l’indexation, son départ avec sept années de salaire coûterait donc entre 1 million 850.000 euros et 5 millions 875.000 euros.

Pour éviter de devoir lui payer des sommes faramineuses, il faudrait le licencier pour faute grave. Le conseil d’administration d’Enodia (anciennement Publifin) n’a pas été informé de tout ce que Stéphane Moreau préparait. S’agit-il d’une faute grave de la part de l’administrateur délégué de Nethys? En tout cas des éléments viennent d’être transmis à la justice via le parquet fédéral. Le parquet qui va analyser les différents éléments en sa possession avant de décider d’ouvrir une enquête. Mais si une accusation de ce type est reconnue contre lui, il est fort probable qu'il se défende. Des procédures qui risquent de prendre de nombreuses années et coûter des sommes importantes aux différentes parties.

Autre occasion de perdre des sous là où ce n’était pas prévu, c’est lorsque le gouvernement wallon casse les différentes ventes de VOO, Elicio et Win, des sociétés appartenant à Nethys. Les contrats de vente signés par les acheteurs prévoient toujours des pénalités en cas de retrait du vendeur. Des sommes qui correspondent souvent à un pourcentage du montant payé pour acheter les entreprises. Des contrats strictement confidentiels qui n’ont encore jamais fuité. Impossible donc de savoir ce que cela pourrait coûter. Mais, a contrario, si les ventes s’étaient poursuivies sans que les procédures de mises en concurrence n’aient été respectées, le vendeur s’expose également à des poursuites de la part de potentiels acheteurs qui s’estimeraient lésés. Dans ce cas-là, aussi, le vendeur s’expose à des procédures judiciaires et à devoir verser des indemnités.
 

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