Que pensent locataires et propriétaires de la non indexation des loyers?

Cela fait maintenant quinze ans que Pierre Breny occupe un appartement du centre de Liège. Depuis 2000, son loyer a déjà été indexé quatre fois. Il est passé de 500 à 690 euros au total. Mais ce locataire estime que sa propriétaire a déjà sauté plusieurs indexations car il entretenait bien son appartement : "J'entretiens l'appartement comme si c'était le mienC'est une relation privilégiée et qui n'est pas fréquente. Je suis à peu près certain que c'est pour ça que la propriétaire n'indexe pas chaque année".

Deux étages plus haut, Guy Nezer y occupe un appartement depuis 26 ans. Suite aux indexations successives, son loyer est passé de 450 euros en 1989, à plus de 700 euros aujourd'hui. Mais pour lui, ce n'est rien d'excessif : "Le propriétaire a le coût de la vie aussi à subir, l'amortissement de son appartement et c'est tout à fait normal comme il le pratique avec nous. La non indexation m'échappe complètement". 

De l'autre côté du bail, il y a des propriétaires comme André Beaufort. Ce dernier loue une maison à Jupille depuis sept ans aux mêmes locataires. Le loyer est indexé à chaque anniversaire du bail. Pour lui, une non indexation des loyers risque d'être problématique : "Le reste des frais augmentent, que ce soit l'assurance incendie, cadastre, etc. Si vous faites appel à un homme de métier, un plombier ou un électricien, là-bas, les charges, elles, sont majorées chaque année".

L'association de défense des propriétaires voit la non indexation des loyers juste comme une mesure de rétorsion vis-à-vis des propriétaires, comme l'explique Olivier Hamal, président du syndicat national des propriétaires : "C'est un choix, ou bien on gèle tout, ou bien on ne gèle rien. C'est ça le problème, sans compter que nous sommes dans une période de faible indexation. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, la mesure telle qu'elle apparaît vis-à-vis des loyers, apparaît plus comme une mesure de rétorsion vis-à-vis des propriétaires que pour faire le pendant avec une mesure prise vis-à-vis des travailleurs".

Certains propriétaires se disent même prêts à vendre leur bien plutôt que de continuer à le louer. Mais il s'agit peut-être juste de musculation pour montrer leur mécontentement.

Benjamin Carlier

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK