Samusocial: quatre familles avec enfants n'ont plus de chambres

Le Samusocial avoue que les demandes sont tellement nombreuses que ses équipes sont obligées de faire un choix.
Le Samusocial avoue que les demandes sont tellement nombreuses que ses équipes sont obligées de faire un choix. - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

Il s'agit de familles accueillies dans des chambres du Samusocial depuis la fermeture du squat du Gesù à Bruxelles. Le Samusocial leur a demandé de quitter leurs chambres, pour rejoindre les lits d'urgence pour sans-abris durant la nuit. Du côté de leurs avocats, c'est l'indignation.

Quatre familles slovaques sur les trottoirs... avec des poussettes, et des vêtements superposés. Et quelques affaires dans des sacs. Mercredi encore, elles occupaient des chambres du Samusocial qui leur a demandé de quitter les lieux. "On les jette à la rue pour faire place à d’autres personnes. Elles n’ont nulle part d’autre où aller. Pourquoi les avoir jetées à la rue plutôt que d’ouvrir un autre bâtiment pour les autres personnes qui arrivaient ?", s’interroge Alexis Deswaef, leur avocat.

Au Samusocial, on nuance: ces chambres sont réservées aux plus fragiles (des sans-abris en mauvaise santé, ou avec de petits enfants). On peut y rester 24 heures sur 24. Mais il y a tellement de demandes que le Samusocial doit faire un choix. "Les équipes sont amenées à faire des choix impossibles. Nous sommes conscients que toutes les familles avec enfants n’ayant pas de solution d’hébergement sont vulnérables, déclare son porte-parole Christophe Thillens. Mais il y en a qui sont encore plus vulnérables, comme par exemple les femmes victimes de violence conjugale et qui nécessitent une mise à l’abri, une sécurisation permanente."

Le Samusocial a donc demandé à ces quatre familles avec enfants de quitter leurs chambres et de dormir au centre d’urgence pour sans-abris du Botanique, des places instaurées pour les mois d’hiver et, en journée, de rejoindre un centre de jour ou restaurant social.

Les avocats demandent que les autorités ouvrent un bâtiment vide pour une occupation encadrée, ou dans l’immédiat que le Samusocial revienne sur son choix, jugé inapproprié pour des familles avec enfants. Ces centres d’accueil d’urgence sont bruyants et débordés eux aussi et il ne sont ouverts que la nuit, jusqu’à 8 heures du matin. Hier soir les familles concernées avaient fait le choix plutôt de chercher un squat ou un couloir calme pour dormir.

Ces quatre familles sont dans l’errance depuis des mois, entre de brefs séjours en gare, en squats, en rue ou en logements temporaires.

Myriam Baele

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