Quartier européen : des riverains protestent contre la construction de tours de 165 mètres de haut

Un nouveau projet de réaménagement de la rue de la Loi et de ses abords fâche les riverains duy quartier européen
Un nouveau projet de réaménagement de la rue de la Loi et de ses abords fâche les riverains duy quartier européen - © Google Street View

Les habitants du quartier européen sont remontés. Ils viennent de découvrir, au cours d'une enquête publique, le projet de nouveau règlement d'urbanisme pour leur quartier. C'est la suite du vaste chantier de réaménagement de la rue de la Loi et de ses abords. Ce nouveau règlement autorise la commission européenne à construire des tours de bureaux de 165 mètres de haut. Des dizaines de riverains ont réagi à l'enquête publique.

David Weytsman fait partie du comité de quartier européen. Il nous explique où pourraient pousser les nouvelles tours de la commission européenne. Ces gratte-ciels de 165 mètres de haut et de 40 étages représentent 15 mètres de plus que la Tour du Midi. De quoi changer le quotidien des habitants aux alentours.

"Le vent, l’ombre,… Sur la rue Stévin, on a mis du photovoltaïque. Certaines antennes seraient juste en-dessous" déclare David.

Les riverains regrettent qu'aucune étude n'ait été réalisée pour mesurer l'impact sur l'environnement.

"Est-ce vraiment un quartier qui est respecté pour sa partie résidentielle ? Est-ce qu’on veut vraiment qu’il y ait une mixité entre bureaux et résidences comme on le souhaiterait ? C’est vraiment ça qui nous inquiète" témoigne David Weytsman.

Il parle même d’un déni de démocratie : "Premièrement, on n’a pas d’information. Deuxièmement, on n’a pas de possibilité réelle de pouvoir s’opposer. Et enfin, troisièmement, à l’intérieur du RRUZ (Règlement Régional d’Urbanisme Zoné). Et ça, à mon avis, félicitations à la Région bruxelloise parce qu’elle a dû engager des juristes absolument brillants qui ont permis qu’il n’y ait pas d’étude environnementale et donc, on ne voit pas s’il y a une ombre et où elle se trouve. On ne voit pas non plus s’il y a des vents et quelles sont les répercussions sur différents paramètres du quartier. Dans un an, un an et demi, on va pouvoir déposer un permis d’urbanisme. Ce permis d’urbanisme, parce que c’est ce qu’on va me répondre, va être complété par une étude environnementale ou une étude d’incidence, mais cette étude d’incidence pourra simplement se référer au RRUZ en disant : mais, mon dieu, on respecte grosso modo ce qui a été prôné dans le RRUZ - les gabarits, les hauteurs, les 165 mètres - et donc, on peut simplement passer outre ça."

Des dizaines de lettres de protestation sont parvenues à la région. Marie-Laure Roggemans est chargée du développement du quartier européen à la Région. Elle admet aujourd'hui que c'est peut-être un peu haut : "Nous avons reçu toutes les réclamations, les observations, les critiques vendredi et nous sommes en train de les dépouiller. Nous pensons dans l’équipe qu’effectivement le programme est sans doute un peu trop lourd sur l’ilot B, compris entre la rue de la loi et la rue Joseph II. Nous allons à présent soumettre ça au politique."

Le cabinet du ministre-président Charles Picqué ne se prononce pas encore, mais rappelle qu'il ne s'agit que d'un cadre légal. Chaque projet de tour fera bien l'objet d'une étude. À la ville de Bruxelles, l'échevin de l'urbanisme estime aussi qu'une étude d'incidence aurait été bénéfique.   

Barbara Boulet

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK