Quaregnon: la catastrophe minière du Fief de Lambrechies, 80 ans déjà

Commémoration de la catastrophe du Fief de Lambrechies à Quaregnon
5 images
Commémoration de la catastrophe du Fief de Lambrechies à Quaregnon - © Laura Canducci

Une première explosion le 15 mai 1934 suivi d'une seconde déflagration deux jours plus tard, le 17 mai, ont tué 57 personnes, il y a 80 ans exactement, sur l'ancien site minier du Fief de Lambrechies. Il s'agit d'une des catastrophes minières qui a le plus marqué la région du Borinage. Une commémoration a eu lieu samedi à Quaregnon avec un regard tourné vers la Turquie.

Des anciens mineurs, des habitants de la région et surtout des descendants des victimes, ils étaient nombreux samedi pour honorer la mémoire des 57 mineurs décédés il y a 80 ans suite à deux coups de grisou au Fief de Lambrechies. Sur ces 57 personnes décédées, 32 corps n'ont jamais été retrouvés. Ils sont toujours ensevelis au fond de l'ancienne mine.
Dans l'assemblée réunie samedi, il y a quelques enfants de personnes disparues dans cette catastrophe. Des enfants qui ont aujourd'hui 80 ans eux aussi et qui ont à peine connu leurs pères. Comme Marie-Louise Dufour, par exemple: habitante de Pâturages, elle avait 10 mois quand son père est descendu pour la dernière fois au Fief de Lambrechies et n'en est jamais revenu. Il y a aussi Henri Rousseau: lui n'était même pas encore né, sa mère était enceinte au moment de la catastrophe. Aujourd'hui, ils essaient d'entretenir la mémoire de ces pères qu'ils n'ont pas connu et de tous les autres mineurs qui ont travaillé, sans relâche, dans les galeries souterraines jusqu'à en perdre la vie.
"Il ne faut pas oublier le travail des mineurs parce que c'est la richesse de la Belgique. Je suis fier d'être mineur mais la Belgique est train de les oublier, les mineurs" ce sont les mots d'un ancien mineur, Vittorio, un immigré italien qui a passé 16 ans de sa vie couvert de suie dans les charbonnages du Borinage.

Le Fief de Lambrechies tourné vers la Turquie

Un drapeau turc posé sur la plaque commémorative de la catastrophe du Fief de Lambrechies et une minute de silence en la mémoire des 301 mineurs turcs décédés cette semaine: il paraissait inévitable de lier les deux évènements qui se sont pourtant déroulés avec 80 ans d'écart. "Nous ne pouvions pas passer sous silence ce dramatique accident qu'a connu la Turquie, précise Antonio Sestu, responsable du groupe "Devoirs de mémoire. Fief de Lambrechies". Nous pensons à la douleur de toutes ces familles turques, douleur que nous, les Borains, avons aussi éprouvée et que, heureusement, nous n'éprouverons plus. Il n'y a plus de charbonnage donc on ne saura plus éprouver ce genre de douleur. Par contre dans les pays où il y a encore des charbonnages, ce n'est malheureusement pas la dernière catastrophe."

Laura Canducci

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK