Quarante paraboles de télévision fixées sur la façade de la cathédrale Saint-Aubain

Des paraboles qui oscillent sur la façade de la Cathédrale Saint-Aubain, une oeuvre de l'artiste belgo-marocain Younes Baba Ali
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Des paraboles qui oscillent sur la façade de la Cathédrale Saint-Aubain, une oeuvre de l'artiste belgo-marocain Younes Baba Ali - © Aude Tournaye

Non, ce n’est pas pour retransmettre la messe de la Toussaint en mondiovision… Les quarante paraboles qui constellent la façade de la Cathédrale de Namur sont une installation réalisée par un artiste belgo-marocain, Younes Baba Ali. Cette œuvre étonnante est visible jusqu’à dimanche dans le cadre du Kikk festival.

Chacune de ces paraboles est équipée d’un petit moteur et d’un programme qui commande un mouvement. "Elles hésitent entre ici et là-bas", explique l’auteur. "C’est une métaphore de la recherche d’identité qui caractérise toutes les personnes qui un jour ont changé de pays, de continent. C’est un peu mon histoire. Quand j’ai quitté le Maroc pour m’installer en France, avec ma mère, la première chose que nous avons faite, c’est d’installer une parabole pour capter la télévision marocaine."

Mais la parabole, insiste l’artiste, est un outil qui ne fonctionne pas dans un seul sens. "Au Maroc, un tas de jeunes s’éduquent et apprennent les langues étrangères en regardant la télévision allemande, italienne ou même russe. Dans cette mesure, la parabole est le contraire d’un outil de repli sur soi. C’est aussi une fenêtre sur le monde".

Un dialogue entre les religions

Younes Baba Ali a déjà installé ses paraboles dans plusieurs villes auparavant, à commencer par Bruxelles en 2011. Mais c’est la première fois qu’elles sont fixées sur la façade d’une église. Quand on sait que dans leur valse-hésitation, certaines de ces paraboles peuvent se tourner vers La Mecque, l’installation prend ici une dimension supplémentaire. "Dans leurs oscillations, ces paraboles sont à la recherche d’une identité, d’un satellite spirituel. Oui, on peut aussi les voir comme un symbole de dialogue interreligieux".

Il a fallu l’accord de l’évêché de Namur pour installer cette œuvre sur la façade de la cathédrale. "Je suis tout à fait heureux d’accueillir cette œuvre sur notre église", commente l’archiprêtre de la Cathédrale, le chanoine Jean-Marie Huet. "Le dialogue entre les cultures et les religions est plus nécessaire que jamais. Nous ne pouvons pas vivre les uns à côté des autres, sans nous parler, nous respecter, nous aimer".

Les paraboles de Younes Baba Ali vont sans doute faire beaucoup parler d’elles ce vendredi 1er novembre, où quelques centaines de catholiques sont attendus dans la Cathédrale Saint-Aubain pour la traditionnelle messe de la Toussaint.

 

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