Quand Napoléon et Wellington se retrouvent à Waterloo

Le duc de Wellington a inauguré l'exposition événement Napoléon Wellington, destins croisés.
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Le duc de Wellington a inauguré l'exposition événement Napoléon Wellington, destins croisés. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

C’est une exposition exceptionnelle qui s’est ouverte ce samedi 21 mars au musée Wellington de Waterloo : "Napoléon Wellington, destins croisés". Deux-cent cinquante objets rares et précieux retracent la vie politique, militaire et privée des deux grands hommes. Le descendant du duc de Wellington était présent à l’inauguration.

Les deux bustes à l’entrée de l’expo donnent le ton : Napoléon et Wellington sont côte à côte. "C’est une exposition qui rassemble, pas une expo qui oppose les deux hommes et les deux nations qu’ils incarnent", explique Pierre Branda, chef du service Patrimoine à la Fondation Napoléon (co-organisatrice de l’expo, avec le musée Wellington de Waterloo).

Les 250 pièces exposées proviennent de musées français, anglais, belges ou de collectionneurs privés. Certaines sont très précieuses, comme les deux chapeaux portés par Napoléon et Wellington le jour de la bataille. Celui du général anglais est tout emplumé. "Le champ de bataille était un lieu de parade, explique Pierre Branda, où les chefs voulaient se distinguer. Dans l’aristocratie britannique, ces chapeaux étaient un signe d’appartenance à la haute société. Napoléon, lui, avait choisi de se distinguer autrement, par un chapeau tout simple, très différent des couvre-chefs chamarrés, galonnés et brodés de ses maréchaux."

Deux masques mortuaires

En face des deux chapeaux, bien protégés par une vitrine sécurisée, le visiteur découvre deux masques mortuaires, qui en disent long sur l’âge du décès des deux hommes. Wellington, après la bataille de Waterloo, a mené une longue carrière politique, profitant de son succès militaire pour asseoir son pouvoir. Il est mort à 83 ans, en 1852. Son masque mortuaire évoque un vieillard. Napoléon, lui, est mort en exil sur l’île Sainte-Hélène, à 51 ans, six ans seulement après la bataille de Waterloo. Son masque, presque serein, ne trahit pas la souffrance physique d’un homme qui était pourtant malade (empoisonné au cyanure, avancent certains historiens ; victime de complications de ses ulcères à l’estomac, estime un courant dominant).

Quelques objets usuels évoquent le quotidien des deux militaires : la trousse de toilette sans doute utilisée par Wellington le matin de la fameuse bataille, le nécessaire dentaire de Napoléon, qui était, paraît-il, très à cheval sur son hygiène corporelle.

Ils ont partagé les mêmes maîtresses

L’exposition nous apprend aussi, fait surprenant, que les deux hommes n’ont pas partagé qu’une grande carrière militaire et politique. Ils ont aussi partagé... les mêmes maîtresses ! Après la chute de Napoléon en 1815, Wellington a été désigné ambassadeur d’Angleterre à Paris. C’est là qu’il a séduit deux anciennes conquêtes de Napoléon : une cantatrice italienne, la Grassini, et une actrice française, Mademoiselle Georges. "Comme si Wellington ne pouvait se contenter d’une victoire militaire", sourit Pierre Branda.

Par la rareté des pièces rassemblées, l’exposition Napoléon Wellington, destins croisés est un événement d’envergure internationale. La présentation est soignée mais très classique : à chaque pièce correspond un petit panneau explicatif. Pas d’écran, pas d’interactivité ludique, pas d’audio-guide... Les passionnés d’histoire napoléonienne y trouveront sûrement leur compte. Le grand public et les écoles apprécieront sans doute davantage la scénographie plus spectaculaire du futur mémorial de la bataille, dont l’inauguration est prévue le 21 mai prochain.

Napoléon Wellington, destins croisés, jusqu’au 31 juillet au Musée Wellington de Waterloo. Info : www.museewellington.be.

François Louis

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