Quand la musique et le chant servent de thérapie …

L’expérience est menée depuis quelques mois déjà au Centre Neuro Psychiatrique de Dave dans l’unité de soins Phileas. Un infirmier et un éducateur ont proposé des ateliers aux résidents qui ont commis des actes parfois très graves et sont internés jusqu'à ce qu'ils retrouvent une place dans la société.

Cet atelier qui se déroule une à deux fois semaine, leur permettre de chanter et de jouer d’un instrument. " C’est une manière de les aider à s’extérioriser et à parler de leurs vies d’hier et de demain. Mais cela leur permet aussi de se dépasser dans la mesure où ils parrainent le respect des uns et des autres. Par exemple, ils arrivent en nous disant je veux chanter. Mais on recadre et on explique que non, il faut d’abord apprendre le BaBa et ensuite on arrive à chanter "explique Quentin Dabe, éducateur depuis 14 ans au centre.

L’atelier se partage entre cours de guitare, de batterie et de découverte du milieu musical. On peut aussi jouer des castagnettes ou d’un autre instrument, apprendre à reconnaitre des chansons et même préparer un concert pour plus de 300 personnes. " On a même enregistré un CD avec nos nouveaux talents mis ensemble ajoute Quentin Dabe. Nous sommes partis d’une idée personnelle et nous voilà avec ce que l’on pourrait qualifier de " thérapie " même si Frédéric, mon collègue infirmer et moi-même ne sommes pas musicothérapeutes. Mais l’essentiel est que chacun en retire le maximum."

Mon bonheur c'est toi...

Pascal, un résident du centre depuis quelques mois, s’est découvert une passion pour la chanson et le karaoké. " Ça me permet de me replonger dans les souvenirs positifs de ma vie avant d’arriver ici. Mon frère, s’il avait été une fille se serait par exemple appelé Angélique. C’est pour ça que j’aime chanter " Angélique " de Christian Vidal. Et puis il y aussi toutes les chansons de Mike Brand que j’aime beaucoup.

Pour Frédéric Jumine,  infirmier au centre depuis plus de vingt ans, cet atelier, suivi par une dizaine de personnes et jusqu’à présent uniquement des hommes, permet aussi de casser les barrières entre soignants et soignés. " Il se dégage entre nous une nouvelle forme de contact, un respect des uns et des autres et nous qui sommes ici comme professionnels de la santé, on en apprend chaque jour avec eux. Ils nous obligent aussi à remettre les choses en perspectives. Moi, je ne savais pas jouer de la batterie avant cet atelier, aujourd’hui et en fonction de leurs souhaits et de leurs demandes, j’apprends encore plus chaque jour. Et c’est aussi cela qui nous fait grandir." 

L’expérience en cours depuis des mois pourrait sans doute être élargie à l’ensemble des services du centre. Mais cela demanderait beaucoup d’organisation et sans doute d'investissement. Mais d'autres institutions ont déjà opté pour ces ateliers avec des résultats à la clé pour l'ensemble des soignés -soignants.  Même si ici, personne ne recourt à ce terme pour décrire cette activité enrichissante. Et pourquoi pas ? L’idée est lancée, le temps nous dira ce qu’il en restera.    

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