Quand la Belgique va elle-même chercher ses réfugiés

Le camp de réfugiés congolais de Mususa au Brundi
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Le camp de réfugiés congolais de Mususa au Brundi - © BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

La plupart des candidats à l’asile politique arrivent chez nous de leur propre initiative. Dans un certain nombre de cas, pour des personnes jugées vulnérables, ce sont les Etats d’accueil eux-mêmes qui vont chercher les réfugiés dans les camps. Une cinquantaine de Congolais sont arrivés récemment en Belgique dans le cadre d’un programme de « réinstallation » sous l’égide des Nations Unies.

Malgré une météo clémente, Jean-Michel garde son bonnet et ses gants en laine, même à l’intérieur. Il y a quelques semaines, il vivait encore au Burundi, dans le camp de réfugiés de Musasa. Ce jeune Congolais (17 ans) était en exil depuis plus de 10 ans avec sa famille, chassée par les combats et les massacres. Pour Jean-Michel, la Belgique, "c’est le paradis. Ici, il y a la paix et on respecte les droits de l’homme", s’exclame-t-il dans un français approximatif.

Jean-Michel fait partie d’un groupe d’une cinquantaine de Congolais choisis par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) en raison de leur " vulnérabilité ". Il s’agit le plus souvent de familles avec des enfants ou alors de personnes dont la santé vacille. Ces réfugiés sont accueillis dans le cadre d’un programme de "réinstallation" organisé sous l’égide des Nations Unies. " Cette politique de réinstallation n’est pas prioritaire pour le HCR, explique Nicolas Genin, directeur du Centre pour réfugiés de Pondrôme (Fedasil). Il y a d’autres stratégies mises en œuvre, d’abord essayer de faire en sorte que les réfugiés rentrent au pays si la situation s’est stabilisée. Pour d’autres, le HCR va privilégier une installation à long terme dans le pays d’accueil, ici le Burundi. Pour certains, malheureusement, ces deux solutions ne sont pas possibles et la réinstallation dans un pays comme la Belgique offre d’autres perspectives en terme de protection pour les personnes les plus vulnérables. "

L’Etat belge, via Fedasil, a avalisé le choix du HCR au terme d’une enquête sur le terrain, au Burundi. Avec le peu de biens qu’ils possèdent, les réfugiés congolais sont arrivés en Belgique en novembre dernier. Ils ont transité six semaines dans le centre pour réfugiés de Pondrôme, le temps de finaliser leur dossier de demande d’asile (une formalité vu que la procédure d’enquête a déjà été réalisée) et de s’acclimater un peu. " Ils ont reçu une formation sur la Belgique, explique Nicolas Genin : l’organisation politique, le système des soins de santé, des éléments de culture, de vie quotidienne, etc. " Une fois cette période passée, les familles sont installées dans des appartements mis à leur disposition par différents CPAS partenaires du projet. Jean-Michel quittera le centre Fedasil lundi prochain (le 13 janvier) pour emménager avec sa famille à Gevses. " Nous serons aidés par une ONG spécialisée dans l’accueil des réfugiés, explique Marie-Odile Fournier (CPAS de Gevses). Ces réfugiés doivent tout apprendre ou réapprendre : gérer un budget, aller faire des courses, se faire à manger, retourner à l’école pour les enfants... "

Jean-Michel voudrait s’inscrire dans une école de la région pour faire des études secondaires. Il ambitionne de devenir informaticien en télécommunication. Retourner un jour au Congo ? " Mes parents détestent vraiment le Congo, confie-t-il. Beaucoup de nos proches ont été tués. Ma famille n’y retournera pas, même pour tout l’or du monde. Moi ? Peut-être un jour. Mais si j’y retourne, ce sera pour changer mon pays... "

François Louis

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