Mont-Saint-Guibert: ambiance tendue pour l'étude des incidences du projet de lotissement Jaurdinia

Alors que l’inauguration du parc d’affaire Jaurdinia (Mont-Saint-Guibert) approche, un nouveau projet pointe le bout de son nez à quelques centaines de mètres, sur un terrain de 14 hectares cernés par la rue Fossé des Vaux, la rue de la Sablière, la ligne de chemin de fer Namur-Bruxelles et la cimenterie. Coupé en deux, d’ouest en est, par le chemin de Beaurieux, ce terrain est actuellement occupé par des prairies et des zones boisées.

Le terrain est par ailleurs propriété de la Société brabançonne de Développement (SBD) qui souhaite aujourd’hui y aménager 120 parcelles à bâtir, et les mettre en vente, libre d’architectes et d’entrepreneurs. Une étude des incidences préalable à la demande de permis va être réalisée, et une présentation en ligne est disponible ces 19 et 20 avril, à l’adresse de la population. Le projet prévoit notamment l’aménagement de nouvelles voiries et la mise en place d’un réseau d’égouttage. Pour beaucoup, c’est une surprise : la demande de permis d’urbanisation repose sur un document urbanistique de 1993 (un schéma d’orientation local) qui prévoir bien la construction d’habitations à cet endroit, mais dont les collèges communaux de Court-Saint-Etienne et Mont-Saint-Guibert (le terrain est à cheval sur les deux territoires) ne connaissaient pas l’existence…

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Une étude d'incidence est en cours et la population a 15 jours pour donner son avis © rtbf.be

Des riverains inquiets

"Les terrains à bâtir sont de plus en plus rares dans le Brabant wallon, avec des prix qui flambent parfois, et nous proposons donc quelque chose de très demandé ", explique Emmanuel Busetti, responsable du projet à la SBD.

Une philosophie à laquelle ne sont pas sensibles certains riverains du hameau de Beaurieux, à l’ouest de la parcelle, pour qui ce site représente l’ultime trait de ruralité dans leur environnement. Quand ils ont découvert, via l’affichage public, qu’un projet de lotissement était sur les rails précisément à cet endroit, une dizaine d’entre eux se sont fédérés sous le nom de "Ferdelance". Au-delà l’impact sur le paysage et l’environnement, ils craignent notamment une augmentation de la circulation, et disent fédérer autour d’eux une centaine de personnes issues principalement de Beaurieux et du Ruchaux.

Vers une bataille juridique ?

Les deux Communes concernées, elles, sont un peu mal prises. Elles connaissaient la SBD et sa volonté de lotir le terrain, mais le document de 1993 (validé par les Collèges de l’époque) leur a fait l’effet d’un lapin sorti d’un chapeau. "Ce projet répond à une manière d’aménager le territoire qui ne correspond pas du tout à ce qu’on souhaite réaliser aujourd’hui", explique le bourgmestre stéphanois, Michael Goblet. A Court-Saint-Etienne, notre priorité est le développement du centre, certainement pas de créer des lotissements au milieu de la campagne. " Même son de cloche à Mont-Saint-Guibert, où on préférerait privilégier la reconversion des chancres industriels pour y étendre le bâti. Les deux communes planchent par ailleurs ensemble sur le schéma d’orientation local de 1993 : elles ne sont pas convaincues qu’il soit toujours contraignant".

De son côté, le promoteur, explique que le document est toujours valable juridiquement si on se réfère au code d’aménagement du territoire wallon. "De plus, cet outil planologique, dont nous suivons à la virgule près les recommandations, permet un projet avec une très faible densité d’habitat", précise Emmanuel Busetti.

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