Procès Valentin: "Pires que les bourreaux nazis" selon l'avocat de la famille

Les cinq accusés sont tous responsables de leurs actes. Ils avaient tous la possibilité de changer le cours des choses a plaidé ce mardi matin Alexandre Wilmotte, l’avocat de la famille de Valentin Vermeesch. Aucun n’a essayé. Alexandre Hart a peut-être initié ce qui s’est passé, mais les autres qui l’ont suivi l’ont fait de manière volontaire.

"Tous coupables. Du jamais vu, on atteint le sommet de l’horreur"

Si les accusés tentent de faire croire qu’ils ont suivi, qu’ils ne sont pas responsables, a argumenté le conseil des parties civiles, il faudra se souvenir du procès de Nuremberg. L’obéissance aux ordres, c’est le mode de défense qu’avaient choisi les responsables nazis… Et ça n’avait pas marché. Ils avaient été condamnés pour les cruautés et la mort imposées à des populations présentées comme ennemies. La notion d’ennemi n’existe même pas ici a appuyé Alexandre Wilmotte, puisque Valentin croyait passer la soirée avec des amis. Des amis qui n’avaient rien à lui reprocher. L’effet de groupe n’empêche pas la responsabilité individuelle.

Pour l’avocat de la partie civile, les cinq accusés sont tous coupables du meurtre de Valentin Vermeesch. Alexandre Hart et Belinda Donnay comme auteurs et les trois autres comme coauteurs, parce qu’ils ont apporté une aide indispensable en rattrapant la victime qui s’était enfuie. Alexandre Wilmotte s’est appuyé sur les rapports psychiatriques pour caractériser chacun des cinq accusés. Alexandre Hart est "l’inquiétant monsieur Hart". Il est capable de programmer ses actions. Il prend plaisir à faire du mal. Belinda Donnay est une "menteuse compulsive". Elle n’est pas sous l’emprise de Hart. Dorian Daniels est borderline mais ne présente pas de trouble mental qui l’empêche de voir le bien et le mal. De même que "Calimero" Loïck Masson qu’il invective et "l’indifférent" Killian Wilmet.

"Aucun n’a esquissé le moindre geste pour empêcher le meurtre"

Alexandre Wilmotte demande aux jurés de répondre "oui" pour les cinq accusés aux questions qui concernent la préméditation. Ils ont tenu un conciliabule avant de jeter Valentin à l’eau. Ils savaient ce qui allait se passer. Aucun ne s’est interposé. L’avocat de la famille a détaillé ce que les accusés avaient fait subir à leur victime : menaces avec couteau, obligation de fumer un joint pur, masturbation forcée, humiliations, deux viols techniques, menottages, gifles, coups de pied, de poing, de genou, coupures au rasoir, ligotage à une barrière, obligation de manger une fricadelle recouverte de cendres de cigarette, de boire de l’urine, capsules de bière dans la bouche, mégots dans le nez, brûlures, coups multiples après une tentative de fuite, conciliabule final sur le sort de la victime.

L’avocat de la partie civile estime que les cinq accusés sont tous coupables de l’assassinat, de la séquestration et des actes de torture infligés à Valentin Vermeesch. Sa plaidoirie sera suivie par le réquisitoire de l’avocat général.

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