Procès sans accusé aux Assises du Hainaut

Le président Olivier Delmarche se trouve face à un box des accusés vide
Le président Olivier Delmarche se trouve face à un box des accusés vide - © Belga - Bruno Fahy

Le procès qui s’est ouvert ce lundi aux Assises du Hainaut est plutôt particulier, voire rarissime. Azam Sajjad y sera en effet jugé par défaut. L'accusé, d'origine pakistanaise, est en fuite depuis les faits. Il est impliqué dans une fusillade qui a coûté la vie à un patron de night shop en septembre 2009 à Erquelinnes.

Il s'agit d'une affaire de règlement de compte dans le milieu pakistanais. Le 30 septembre 2009, Azam Sajjad, qui habite Jambes, se rend à Erquelinnes en fin de soirée. Une violente dispute, suivie d'une fusillade, éclate devant le night shop géré par Razzaq Ishaq. Ce dernier s'effondre mortellement touché alors qu’un autre ressortissant pakistanais, arrivé la veille en Belgique, est gravement blessé. Il ressort de l'enquête qu'il s'agirait d'un règlement de comptes consécutif à une concurrence commerciale dans laquelle les deux clans, l'accusé et les victimes, se livraient à une "véritable guerre de prix".

Depuis les faits, Azam Sajjad est en fuite et il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international.

Il est toutefois jugé cette semaine devant les assises du Hainaut dans le cadre d’une procédure par défaut prévue en 2009 lors de la réforme de la cour d'assises. Il s’agit en fait du procédé de  remplacement du jugement par contumace qui ne mobilisait que des magistrats professionnels. Les douze jurés font donc face à un box des accusés vide. Il n'y a pas d'avocat et, pour l'instant, aucune partie civile ne s'est constituée. Ni même dans le chef de l’individu gravement blessé, Mohammad Yaunis, qui ne viendra peut-être pas témoigner. Vu les circonstances, le procès ne devrait pas durer plus de trois jours.

Le président, Olivier Delmarche, a souligné à l'intention des jurés que s'il s'agissait d'un procès particulier et inhabituel. L'accusé est absent et aucune partie civile n'est représentée mais le travail doit être fait tout aussi sérieusement, par respect pour les victimes.

Si Azam Sajjad devait être intercepté un jour et extradé vers la Belgique, il pourrait s'opposer au verdict. Il serait alors rejugé toujours en assises mais devant un autre jury.

Ghislaine Bonaventure, Belga, Daniel Barbieux

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK