Procès des parents de Sadia: comparution de Mudusar et Sariya

Mudusar, Sadia et Sarya
Mudusar, Sadia et Sarya - © rtbf.be

Audience importante ce mardi matin au procès d'assises des parents de Sadia Sheikh. Pour rappel, ces derniers sont rejugés suite à un premier procès cassé par la cour de cassation. Ils sont acusés d'avoir participé à l'assassinat de leur fille Sadia, 20 ans, tuée par son frère.

C'est justement le frère de Sadia, Mudusar, ainsi que sa soeur Sarya qui ont comparu ce mardi matin. Tous deux ont été définitivement condamnés lors du premier procès et il sont donc venus à Namur en tant que témoins.

"Il faut arrêter de mentir dans cette famille !" : cette exclamation exaspérée du président de la Cour d'assises, Philippe Gorlé, reflète bien le malaise ressenti lors de ces deux auditions.

Mudusar a tout d'abord longuement expliqué à quel point la fugue de sa sœur Sadia l'avait déçu alors qu'ils étaient si fusionnels. "Bien sûr qu'on aurait pu annuler le mariage au Pakistan : il suffisait que Sadia le dise ! Mais là, il y a la honte du mariage annulé et je ne pouvais pas vivre avec cette tache sur le front. J'ai décidé de la tuer."

Et Mudusar de révéler, à la stupéfaction de tous, que l'arme utilisée pour tirer sur sa sieur, il l'a achetée lui-même et qu’il ne s'agit pas de l'arme de son père. Et de marteler qu'il a agi seul, toujours seul. A cette révélation qui contredit le fait que Mudusar avait, selon ses précédentes déclarations, avait utilisé l’arme de son père, le président a rappelé que le faux témoignage peut entraîner une peine de prison.

Sarya, la soeur cadette reconnue coupable d'avoir tenu sa soeur pendant que Mudusar tirait sur elle, estime qu'il n'y avait rien de déshonorant à dire qu'on ne veut plus se marier. "Mais alors, demande le président, pourquoi avoir été avec votre père menacer de mort Sadia à l'école ?". La réponse de Sarya fuse : "C'est moi qui ai entrainé mon père là-dedans et nous n'avons jamais menacé Sadia. Nous l'avons suppliée de revenir à la maison."

Le président rappellera alors que Sadia avait, le jour même, déposé plainte auprès de la police en disant : "Je n'aurais jamais cru qu'ils en arriveraient là."

Christine Borowiak, Daniel Barbieux

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