Procès de l'exorcisme : retour sur les derniers jours de Latifa

En entamant son réquisitoire, l’avocat général a prévenu les jurés. Ce qui est visé dans ce procès ce n’est pas la religion des accusés mais bien les actes ignobles qu’ils ont commis. À force de vouloir traquer le démon, ils ont tué l’innocence. Ce que Latifa Hachmi a subi n’était pas de l’exorcisme mais alors qu’est-ce que c’était exactement ? Pour l’avocat général, la réponse à cette question est la clé du procès.

Il a ensuite précisé son propre rôle. Il doit prouver les faits, prouver que les accusés les ont commis et enfin prouver que ces faits sont bel et bien de la torture. Et pour qu’il y ait torture, a-t-il poursuivi, il faut deux éléments : des traitements inhumains et un mépris des accusés vis-à-vis de la victime. Enfin, il a averti les jurés: la défense va vous dire qu’il s’agit d’un homicide involontaire, d’un accident mais affirmer ça, ça reviendrait à dire que Latifa a bêtement glissé sur la carpette.

L’avocat général a terminé en détaillant les actes subis par la victime qui constituent la torture. Et il poursuivra ce mercredi après-midi en précisant le rôle joué par chacun des accusés.

Mardi, c'était au tour des parties civiles de plaider. Avec un moment poignant : Maître Hirch, l'avocate des deux frères de la victime, est revenue en détail sur les deux derniers jours de la vie de la victime.

Pour Maître Hirch, le 4 août est une date clef dans ce procès. C'est la veille de la mort de Latifa Hachmi et à cette date, cela faisait 10 jours qu'elle subissait quotidiennement des séances d'exorcisme. Les médecins légistes l'ont affirmé : à cette date, elle était très mal en point, elle avait des bleus sur tout le corps et le moindre mouvement la faisait souffrir atrocement.

Les accusés ont pourtant affirmé qu'elle allait bien ce jour-là, et que Latifa avait même fait une balade avec son mari.

En fin de journée, elle a subi une ultime séance d'exorcisme, particulièrement violente selon l'avocate. Elle a perdu connaissance et ne s'est plus jamais réveillée. Toujours selon l'avocate, les accusés ont donc choisi de laisser mourir la victime pour qu'elle ne puisse plus parler. Elle en veut pour preuve que les secours n'ont finalement été appelés que le lendemain dans la matinée, mais il était déjà trop tard.

Geoffroy Fabré

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