Procès de deux "kamikaze riders": la prévention d'attaque terroriste n'a pas été retenue

Deux jeunes hommes de 27 et 30 comparaissent devant le tribunal correctionnel dans un dossier lié au terrorisme. Le nom de "kamikaze riders" ne vous dit peut-être plus rien, mais il avait défrayé la chronique à la fin de l'année 2015.

Le 27 décembre dernier, deux membres de ce club de motards sont arrêtés. Un club connu pour ses courses de vitesse improvisées sur le ring de Bruxelles. Mais un club surtout suspecté d'avoir des liens étroits avec la mouvance islamiste radicale Sharia4Belgium.

Saïd Saouti et Mohamed Karay sont poursuivis pour participation aux activités d'un groupe terroriste, en tant que dirigeant pour le premier et en tant que membre pour le second. Ils sont aussi poursuivis pour avoir donné des instructions ou des formations pour la fabrication d'explosifs, et pour avoir diffusé des messages avec l'intention d'inciter à la commission d'infractions terroristes. Saïd Saouti est encore, seul, poursuivi pour avoir recruté des personnes en vue de commettre lesdites infractions.

Un dossier qui se dégonfle

Si les deux membres des "kamikaze riders" ont été arrêtés, c'est parce qu'ils sont soupçonnés de planifier une attaque terroriste imminente sur Bruxelles.

Parmi les cibles évoquées à l'époque par le parquet fédéral : la Grand-Place, un commissariat dtre-ville ou encore des policiers et des militaires. Des informations inquiétantes, à quelques jours du Nouvel An, qui poussent les autorités à annuler le feu d'artifice du 31 décembre dernier.

Mais au fil de l'enquête, le dossier ficelé contre les deux membres des "kamikaze riders" s'est sensiblement dégonflé. Depuis, la prévention d'attaque terroriste à Bruxelles n'a pas été retenue pour le procès.

A partir d'aujourd'hui, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, ils ne devront plus répondre de planification d'une attaque terroriste, ce qui était la charge initialement retenue contre eux, mais plus simplement de participation aux activités d'un groupe terroriste.

Poursuivis sur dénonciation

Les deux arrestations sont le résultats d’une dénonciation. Le président du tribunal a cherché à cerner la personnalité des deux prévenus tout en cherchant à combler les zones d’ombre de l’enquête.

Car entre les dénonciations et le 31 décembre 2015, les policiers n’ont eu qu’une quinzaine de jours pour intervenir. Saïd Saouti est à la fois l’un des fondateurs du club de motards et le principal prévenu. Il est accusé d’avoir voulu recruter des jeunes en vue d’un attentat. Aujourd’hui, il reconnaît -tout au plus- avoir tenu des propos extrémistes sur les réseaux sociaux. Mais il se défend en invoquant de la fanfaronnade: "J’étais frustré et en colère face à la manière dont on amalgamait le terrorisme et l’Islam". Un moyen de défense dont on verra s’il résistera face aux éléments matériels qui seront fournis par l’accusation.  

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