Procès d'exorcisme : les huit ans de délai ont monopolisé tout le débat

La présidente de la Cour d’assise doit à présent se prononcer sur ce délai raisonnable
La présidente de la Cour d’assise doit à présent se prononcer sur ce délai raisonnable - © Belga

Six accusés sont poursuivis devant la Cour d’assises de Bruxelles pour avoir pratiqué la torture sur Latifa Hachni, une jeune femme morte à l'âge de 23 ans suite à des actes pratiqués au nom de l'exorcisme. Elle a notamment été asphyxiée, étranglée et noyée. Huit ans après les faits, le procès s’est ouvert ce lundi matin.

Les faits se sont donc déroulés il y a près de 8 ans. En août 2004, Latifa Hachmi mourrait suite à des séances d’exorcisme. Six personnes se trouvent aujourd’hui sur le banc des accusés et pour Pierre Chomé, l’avocat d’un des six, le délai de huit ans est beaucoup trop long. "Je ne dis pas que c’est inconcevable d’être purement et simplement jugé comme ça s’est déjà fait dans d’autres dossiers, où le temps était encore plus éloigné des faits et où beaucoup d’éléments avaient disparu. Mais ce sont quand même des conditions qui sont anormales. Nous avons une convention des droits de l’homme qui dit que la justice doit fonctionner dans un délai raisonnable et à mon sens, ici, il ne l’est pas."

Ce délai raisonnable a occupé tous les débats durant toute la matinée mais pour Jean-Paul Tieleman, un des avocats des parties civiles, il n’y a rien d’anormal à ce délai. "Les huit ans après les faits ont été ''exploité’’ par la justice et par les parties civiles pour instruire un dossier très complexe, en raison notamment des mensonges répétés de plusieurs des accusés qui ont compliqué singulièrement la tâche du pouvoir judiciaire.’’

La présidente de la Cour d’assise doit à présent se prononcer sur ce délai raisonnable. Les débats reprendront début d’après-midi.

Geoffroy Fabré

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