Printemps arabes: les réfugiés de Choucha, vus par Véronique Marit

Femmes au camp de Choucha (Tunisie), mars 2011.
Femmes au camp de Choucha (Tunisie), mars 2011. - © V. MARIT/DR

En mars 2011, la photographe liégeoise Véronique Marit s'est rendue en Tunisie au camp de Choucha, à 7 km de la frontière libyenne. Ce camp venait d'ouvrir en raison du conflit qui s'était déclaré en Libye et a accueilli des milliers de réfugiés. Véronique Marit vient de réaliser une exposition et un livre sur le sujet, présentés dans le cadre de BIP 2014, la Biennale de Photographie.

En deux ans et demi, il a accueilli près de 300 000 réfugiés d'une vingtaine de nationalités différentes, qui fuyaient le pays. Le camp de Choucha, jusqu'à sa fermeture en juin 2013, a été l'un des principaux centres de transit entre la Libye en pleine guerre civile et les pays voisins. Avec un appareil argentique et quelques rouleaux de pellicule noir et blanc, Véronique Marit s'est intégrée à la vie de ce camp qui, à ce moment-là, comptait 8000 personnes, prises en charge par les Tunisiens. "Les Tunisiens venaient de se libérer de Ben Ali", explique Véronique Marit. "Ils vivaient une période de liberté et d'ouverture inédites, et ont très vite secouru tous ceux qui fuyaient la Libye en guerre." Les réfugiés passent le poste-frontière de Ras Jedir, en Libye. Ils arrivent à Choucha. Travailleurs bon marché en Lybie, ils proviennent essentiellement de l'Afrique subsaharienne, la Somalie, l'Erythrée, le Mali, le Soudan... "Ces réfugiés avaient tout perdu. Ils ne gagnaient déjà pas très bien leur vie, et là, ils se sont retrouvés sans rien: sans passeports, sans téléphone portable, sans argent", poursuit la photographe.

L'attente sous le soleil

Parfois, ils ont pu emporter une ou l'autre petite chose. Pour cette femme, un Coran et une cafetière. Pour cette petite fille, son manteau et une peluche. Pour cet homme, quelques outils de menuisier. La photographe saisit ces regards de femmes voilées qui rient sous cape, de longues files de personnes attendant un maigre repas sous le soleil, des hommes qui attendent. "Souvent leur journée se passait à attendre. Pour pouvoir quitter le camp, il fallait des papiers. Tout ça était lent. Il y a eu des violences, des incidents. Mais les réfugiés que j'ai rencontrés étaient généreux, malgré leur détresse. Beaucoup d'entre eux continuent à sourire, devant l'objectif. Sans communication possible par la langue, car très peu parlaient l'anglais, nous communiquions par le regard."

Une exposition à la galerie du 1 Quai sur Meuse, au pied du Pont des Arches, et un livre, publié par l'éditeur liégeois Antoine Degive, avec des textes du dramaturge Pippo Delbono et du photographe Jean Janssis, rappellent bien à propos les drames humains et les bouleversements consécutifs aux printemps arabes.

Alain Delaunois

Ouverture le week-end, de 14 à 18h, jusqu'au 25 mai.

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