Presles: un citoyen protège les hirondelles depuis 40 ans

Les hirondelles se font de plus en plus rares en Wallonie. Plusieurs raisons expliquent leur disparition : l'utilisation des pesticides, mais aussi l'action de l'homme sur leur environnement.

À Aiseau-Presles, par contre, la toiture de la résidence Belle Vue abrite une trentaine de nids d’hirondelles de fenêtres. Chaque matin entre avril et septembre, Michel Brohette, un résident de l'immeuble, s'empare de ses jumelles pour les observer.

"J'ai eu l'occasion d'en avoir deux ou trois dans mon appartement. Comme la porte était ouverte, elles sont entrées. Et les avoir en mains, c'est quelque chose de beau. J'adore ces oiseaux-là."
 

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Michel Brohette aime beaucoup observer les hirondelles de son immeuble à Presles © Jean-Marc Leroy/RTBF

Depuis 40 ans, Michel Brohette s'efforce de sensibiliser les autres à la présence de ces petits volatiles. Il n'hésite pas à défendre les habitats lorsqu'un voisin tente d'en retirer un. 

"Il était monté sur une échelle au-dessus de mon balcon. Je lui ai dit : si tu ne descends pas tout de suite, je tire l'échelle. Bien sûr, certains disent que c'est embêtant, les fientes d'hirondelles. Mais pourtant ce n'est pas grave, cela ne dure que trois mois."

Plusieurs lois encadrent la protection des oiseaux. Le retrait d'un nid peut coûter jusqu'à 250 euros dans certaines communes. 

En effet, protéger les populations d'hirondelles devient urgent. En Wallonie, la diminution s'élève à plus de 50 % en 30 ans. Selon l'ornithologue Charles Carels,
"les pratiques agricoles et l'utilisation de pesticides ont certainement dû avoir un impact" sur la disparition progressive des oiseaux. Il y a aussi moins d'insectes, ce qui rend leur quête de nourriture plus difficile.

Malgré ce constat, ce spécialiste observe un changement de mentalité. "Quand il y a des destructions de nids, des mouvements se créent très rapidement sur les réseaux sociaux, comme Facebook par exemple. Les gens réagissent beaucoup plus rapidement. Il y a beaucoup de gens qui hésitent maintenant à détruire des nids alors qu'il y a quelques années, cela se faisait sans doute un peu plus facilement."

Les hirondelles et l'homme apprennent lentement à cohabiter et plusieurs initiatives commencent à voir le jour en Wallonie

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