Présidentielle française: des bureaux de vote sous haute surveillance, en Hainaut aussi

Mouscron est une des villes qui compte le plus d'électeurs français. Ils iront voter dans un des quatre bureaux aménagés au Centr'Expo
Mouscron est une des villes qui compte le plus d'électeurs français. Ils iront voter dans un des quatre bureaux aménagés au Centr'Expo - © google maps

La province de Hainaut compte 16.100 ressortissants français en âge de voter et en ordre d’inscription sur les listes d’électeurs. Ce dimanche, lors du premier tour de l’élection présidentielle, ils pourront se rendre dans un des bureaux de vote mis en place par le Consulat de France en Belgique. On en comptera douze dans notre province, répartis sur quatre villes: Mons (sur le site de l’U-Mons), Charleroi, Tournai (à l’hôtel de Ville) et Mouscron (au Centr’Expos). Ces bureaux accueilleront des électeurs dimanche, mais le 7 mai, pour le second tour. Ils rouvriront les 11 et 18 juin, pour les élections législatives cette fois.

Des mesures particulières

Ces bureaux n’ont, lors des scrutins précédents, jamais fait l’objet d’une surveillance particulière. Mais, cette année, le contexte est différent. "Nous n’étions pas au niveau trois de l’échelle de la menace!", souligne le Gouverneur de la Province de Hainaut, Tommy Leclercq (PS). Il a réuni les bourgmestres des villes concernées, les chefs de corps, ainsi que les représentants de la France pour prendre des mesures de sécurités autour des bureaux de vote. Ils représentent des cibles d’attentat potentielles, tant par le nombre de personnes qui vont s’y regrouper que par le symbole qu’ils représentent. Le projet d’attentat déjoué cette semaine à Marseille n’a fait que renforcer la vigilance des autorités. "Ces événements nous ont démontré qu’il fallait demeurer dans la vigilance accrue, comme je l’ai demandé à l’ensemble de nos services de police", poursuit le Gouverneur. 

Les bureaux surveillés par des gardes privés

Concrètement, comment cela va-t-il se traduire sur le terrain dimanche? Pour d’évidentes raisons de sécurité, toutes les mesures ne seront pas dévoilées, mais Tommy Leclercq indique déjà que "les rondes policières seront accentuées à l’extérieur et les quartiers qui environnent les bureaux de vote seront passés au peigne fin". Pour ce qui est de l’intérieur des bureaux de vote, le Consulat de France a fait appel à des services de sécurité privés, dont les agents pourront procéder à des fouilles, si nécessaire. Les heures d’ouverture des bureaux relativement larges (de 8 à 19h), permettront de fluidifier au maximum les allées et venues d’électeurs et d’éviter au maximum les attroupements à certains moments de la journée. La surveillance des bureaux se poursuivra jusqu’à la fin du dépouillement des bulletins. "Nous sommes dans un renforcement des mesures, même si l’OCAM (ndlr: l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace) avait prévu un niveau 1, c'est-à-dire un niveau faible".

Quelle participation?

Le Gouverneur s’étonne d’ailleurs de cette recommandation de l’OCAM, même si elle a été émise bien avant les événements de cette semaine. "Nous sommes au niveau 3 à l’échelle de la Belgique, nous sommes à la veille de la présidentielle française, et voilà que nous redescendrions au niveau 1? Ça n’est pas possible! Pour nous, il importe de rester vigilants. C’est ce que nous sommes préparés à faire pour les quatre rendez-vous électoraux. Et je pense même que nous allons vers un renforcement, certainement pas une diminution, de cette vigilance accrue", ajoute-t-il. Les votants seront-ils nombreux dimanche? Le taux de participation reste une des grandes inconnues de ce scrutin, d’autant que le vote n’est pas obligatoire chez nos voisins français. Lors de la dernière élection présidentielle en 2012, à Mons, seul un électeur inscrit sur trois s’était présenté au bureau de vote. Et la plupart avaient plébiscité Nicolas Sarkozy.

 

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