Près de 200 réfugiés parrainés en province de Liège

L'asbl liégeoise "Live in Color" créée il y a deux ans dans la foulée de la crise dite "crise des migrants", a lancé il y a plusieurs mois un programme d'intégration via le parrainage de réfugiés. L’ASBL souhaite ainsi donner à chacun la possibilité d'exprimer sa solidarité et son humanité et devenir un "facilitateur" d'intégration et du mieux vivre ensemble. Nadine Lino, fondatrice de "Live in Color" et récemment élue citoyenne d'honneur de la Ville de Liège explique:"Je pars du postulat que l'intégration met en place deux acteurs, à savoir la société d'accueil et le réfugié. Et si ces deux acteurs sont mobilisés et volontaires, ça accélère le processus d'intégration. Dire aux personnes étrangères qui arrivent chez nous, vous devez vous intégrer, avec les seules voies institutionnelles et administratives... c'est un peu court. Sans l'implication du citoyen, c'est beaucoup plus difficile".

Ce programme d'intégration s'adresse aux familles et aux adultes isolés mais également aux MENA, mineurs étrangers non accompagnés. "Pour ces jeunes adolescents, des garçons dans la plupart du temps, qui n'ont parfois que 13, 14 ans, qui arrivent ici seuls, livrés à eux-mêmes, c'est forcément encore beaucoup plus compliqué" souligne Nadine Lino "et avoir un parrain ou une marraine c'est rassurant, ça leur donne de la motivation et du courage. Il ne s'agit pas d'assister, mais de conseiller, d'accompagner. Aucun investissement financier n'est demandé. C'est l'investissement humain qui est important."

Fabian, 39 ans, parrain de Kalash

Depuis le printemps dernier, Fabian, 39 ans, père de famille, est le parrain de Kalash, un jeune Afghan âgé de 16 ans.

"Que connaît-on de l'Afghanistan? Pour moi, l'Afghanistan ça a toujours été la guerre, Ben Laden, les Talibans... L'image de l'Afghan que j'avais était celle la plus relayée par les médias. Un monsieur avec une grande barbe, en tunique, armé jusqu'aux dents. Du jour au lendemain on s'est retrouvé avec un gamin qui n'a rien à voir avec ces images-là. Un jeune très sensible, qui a une culture très riche et qui nous apprend beaucoup de choses sur son pays. Un pays où, certes, il se passe des choses terribles mais que j'aimerais pourtant aujourd'hui découvrir. Dans cette aventure, on donne mais on reçoit aussi beaucoup en retour".

Le parrain ou la marraine s'engage à voir son filleul minimum trois fois par mois pour l'aider dans ses démarches administratives, scolaires ... ça c'est l'accompagnement de base. Mais très rapidement, un lien affectif se noue. "Il fait partie de la famille" témoigne Fabian "dans mon cas, je pense en tout cas que c'est un lien qui est désormais créé à vie. Tout ce que je peux espérer c'est de voir cet enfant s'épanouir en Belgique. Il fait de tels efforts! C'est incroyable la façon dont ces gamins peuvent se battre au quotidien pour apprendre notre langue, se familiariser à notre culture. Il sera toujours Afghan dans son coeur mais je lui souhaite vraiment de se réveiller un matin et de se sentir chez lui, en Belgique".

Catherine, 40 ans, marraine d'Abdullah

Catherine est elle aussi marraine d'un jeune Afghan de 16 ans, prénommé Abdullah. De l'Afghanistan, il ne connaît pas grand-chose. Abdullah est né en Iran où ses parents se sont eux-mêmes exilés dans les années 80, alors que leur pays était en guerre avec l'URSS.

Catherine parle avec beaucoup d'enthousiasme de son filleul. "Il a développé une philosophie par rapport à la vie qui est tout simplement incroyable quand on connaît les épreuves par lesquelles il est passé. Quand il y a quelque chose qui ne va pas, par rapport aux démarches administratives notamment, il ne se décourage pas. Ce n'est pas grave me dit-il. Une porte se ferme, d'autres s'ouvriront. En Iran, il n'a pas été scolarisé. Il a soif d'apprendre. Il veut parler notre langue. Il force l'admiration".

Pour Catherine, son engagement en tant que marraine est apparu comme une évidence: "J'estime que nous avons une certaine responsabilité envers ces jeunes, adultes de demain. Ce sont des primo arrivants, ils ont besoin d'être accueillis, accompagnés. Tout seul, ça n'est pas évident de décoder la société dans laquelle ils arrivent. C'est un peu notre rôle, de par les activités qu'on organise avec eux, de leur expliquer les us et coutumes d'ici. Pour moi, c'est à la portée de tout le monde. Il ne faut pas des compétences ou des connaissances particulières. C'est d'abord pouvoir donner un peu de son temps, savoir écouter, donner un peu d'amour aussi ... ça n'est pas difficile. On ne doit pas tout porter. C'est un échange. Ensemble, on construit quelque chose et chacun en retire quelque chose de positif".

Près de 200 réfugiés sont actuellement parrainés dans toute la province de Liège.

Infos: www.liveincolorassociation.com

 

 

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