Première en Belgique: une salle de consommation de drogue ouvre ce mercredi à Liège

Cette salle offrira aux consommateurs de drogue un lieu encadré et sécurisé, avec du matériel stérile (illustration).
Cette salle offrira aux consommateurs de drogue un lieu encadré et sécurisé, avec du matériel stérile (illustration). - © ULI DECK - EPA

Il en existe déjà ailleurs en Europe, on les appelle les "salles de shoot". Mais c'est effectivement la première dans notre pays. Elle sera située à l'arrière de l'ancienne Grand Poste, près de la rue de la Régence.

A qui s'adresse principalement cette salle de shoot ?

A ceux qui consomment de l'héroïne et de la cocaïne en rue. On estime qu'ils seraient environ 300 à Liège. La salle de shoot liégeoise devrait enregistrer une moyenne de 150 visites par jour. 

Spécialisé dans la dépendance aux drogues, le centre Alfa sera présent sur place. "Notre rôle est d'assurer le pôle psycho-social et la distribution de matériel stérile et la récupération de matériel utilisé, explique Catherine Dungelhoeff, la directrice. Au bout de quelques années, un lien de confiance se crée parfois. Une façon de pouvoir réorienter les personnes car ils sont alors prêts à s'investir dans un traitement, une démarche autre que ce que l'on peut appeler de "l'aide à la survie"…"

Officiellement, ces salles de shoot restent illégales. En Belgique, la législation fédérale interdit la mise à disposition d'un tel local. Mais à Liège, on a décidé de passer en force, en espérant faire plier la loi.

"Pas d'immunité mais on ne sera pas proactif"

Un pari risqué ? Cette salle ne risque-t-elle pas dès lors d'être rapidement fermée ? Cela semble peu probable.

"Mettez-moi devant le fait accompli !". C'est ce que Koen Geens, le ministre de la Justice, aurait glissé à l'oreille des porteurs du projet.

Quant aux autorités judiciaires, elles sont prudentes, mais curieuses de voir ce que ça peut donner...

"Les autorités judiciaires ne vont pas avoir une action proactive, déclare Christian de Valkeneer, le procureur général de Liège. C'est-à-dire aller ouvrir d'initiative un certain nombre de dossiers concernant ce type de centres. Mais, s'il y avait des plaintes qui étaient déposées par des tiers (par exemple un décès suite à une prise de stupéfiants), il est clair que les enquêtes se dérouleront. Il n'est pas question ici d'offrir une immunité pénale aux personnes qui mettent en place ce type d'initiative."

La justice liégeoise fermera donc un œil sur cette salle de consommation. En tout cas, tant que personne ne s'en plaint.

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