Pourquoi le chômage temporaire peine à diminuer à Bruxelles

A Bruxelles, l'horeca est fortement dépendant du tourisme international et des navetteurs.
A Bruxelles, l'horeca est fortement dépendant du tourisme international et des navetteurs. - © JASPER JACOBS - BELGA

Depuis le treize mars 2020 et l’entrée en vigueur du premier confinement, de nombreuses entreprises ont réduit leurs activités voire carrément fermé (provisoirement ?) leurs portes. Afin de réduire l’impact social de ce confinement, le gouvernement fédéral avait assoupli les conditions de recours au chômage temporaire pour force majeure. Le récent Focus N°40 de l’IBSA (Institut Bruxellois de Statistiques et d’Analyse) s’est penché sur la manière dont les entreprises bruxelloises ont fait appel à ce chômage temporaire. "En avril, au plus fort du premier confinement, l’ONEM a indemnisé plus de 120.000 emplois salariés en Région de Bruxelles-Capitale, soit un cinquième de l’emploi salarié de la Région". Un chiffre qui amène un premier constat : l’économie bruxelloise a eu moins recours à ce dispositif que les deux autres régions.

Moins de chômage temporaire à Bruxelles lors du premier confinement

La raison ? "Le chômage temporaire pour force majeure est plus utilisé pour les emplois ayant un statut d’ouvrier car il s’agit souvent d’emplois qui ne permettent pas de recourir au télétravail. L’économie bruxelloise est une économie de services et emploie, de ce fait, relativement moins d’ouvriers." Le chômage temporaire a néanmoins été très largement utilisé à Bruxelles dans certains secteurs comme les services administratifs et de soutien (le nettoyage par exemple), le commerce et l’Horeca.

Toutefois, la levée du confinement strict en avril dernier, n’a pas permis aux entreprises bruxelloises d’abandonner leur recours au chômage temporaire au même rythme que les autres régions. C’est l’autre constat dressé par l’IBSA.

C’est particulièrement le cas dans le secteur de l’horeca (et dans une moindre mesure, dans les secteurs du commerce et du nettoyage). Les cafés et restaurants bruxellois ont traditionnellement une clientèle plus large que les seuls habitants de la région. "Après le mois de mai, de nombreux employés ont continué à télétravailler. Ce télétravail massif touche le secteur de l’horeca bruxellois, car les personnes qui travaillent à Bruxelles, consomment généralement dans le quartier où ils travaillent. De nombreux restaurants, sandwicheries et cafés bruxellois se sont installés à proximité de grands bureaux et cette clientèle est désormais absente. Le tourisme international s’est aussi arrêté et n’a pas repris en été."

L’économie bruxelloise aura encore massivement recours au chômage temporaire en 2021

Le chômage temporaire Covid-19 sera certainement en vigueur jusqu’à la fin du mois de mars 2021. Pour les analystes de l’IBSA, l’expérience précédente montre que l’horeca et le commerce bruxellois l’utiliseront probablement plus massivement qu’ailleurs dans le pays. "Même déconfinés, il faudra un certain temps pour que ces secteurs tournent à nouveau à plein régime". Le télétravail restera important et les touristes chinois ou américains ne reviendront pas de sitôt sur la Grand-Place. "Il est également difficile de déterminer à quelle vitesse la population pourra ou voudra sortir, faire du shopping… comme avant. Il s’agit donc de secteurs et d’emplois en danger, pour lesquels on ignore encore quand ils retrouveront le niveau d’activité de 2019."

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