Pourquoi la ville de Namur laisse-t-elle certains déchets sur le trottoir ?

Huit kilos par habitant, c’est le poids moyen des dépôts sauvages d’immondices en Wallonie en 2018. Ce problème, les autorités publiques ont du mal à l’éradiquer. C’est pourquoi la ville de Namur organisait, ce mercredi matin, une opération originale : plutôt que de les ramasser, la ville a décidé de mettre les déchets en évidence. Opération "rubalise" lancée.

L’équipe de collecte qui ramasse les poubelles à Namur avait donc une mission un peu particulière ce matin: en plus de collecter les poubelles publiques, elle devait repérer les immondices illégaux sur les trottoirs. Il s’agit des sacs noirs, des encombrants et poubelles PMC, sorties le mauvais jour ou tout simplement des déchets laissés ci et là près des poubelles publiques. Une fois ces "dépôts sauvages" constatés, l’équipe les signale à un contremaître. Sa mission ? Mettre du ruban de signalisation autour des déchets, le fameux rubalise. "Le but est de conscientiser les gens au fait que le dépôt clandestin ne reste pas impuni, qu’une enquête se fera pour identifier le coupable. Il devra payer le nettoyage et une amende", explique Didier Even, contremaître au service propreté de la Ville de Namur.

L'amende s'élève à 250 euros dès le premier déchet non conforme, plus 50 € de nettoyage. Pour identifier les responsables, un 'agent constatateur' vient fouiller la poubelle à la recherche d’indice quant à l’identité du responsable. Mais cette fois-ci, dans le cadre de l’opération, il va les laisser deux jours sur le trottoir avant de commencer sa petite enquête, "quitte à ce que la personne qui a mis ses déchets là se dise ‘moi je vais les reprendre’. Le but est que les gens comprennent", explique Thibault Ciparisse, agent constatateur à la Ville de Namur.

L’idée de mettre en évidence les déchets clandestins plutôt que de les rendre invisibles vient de France. La Ville de Namur s’en est inspirée. En 2018, 400 PV ont été distribués pour dépôts sauvages sur le territoire namurois, un chiffre que la ville souhaite voir baisser. Seuls quelques dépôts sauvages sont concernés par cette opération de sensibilisation à l’heure actuelle. Si les résultats sont convaincants, ce genre de dispositifs pourraient bien se multiplier dans les rues de Namur.

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