Pour les hommes qui ne se lavent pas les mains après avoir fait pipi...

Olivier Coddens et son invention
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Olivier Coddens et son invention - © Charlotte Legrand

Ils seraient plus de 60% à faire l'impasse. Un inventeur de Beloeil a décidé de remédier à ce problème avec l'UriVabo. A la fois urinoir et lavabo, ce nouvel objet n'est pas encore commercialisé. Mais il fait déjà beaucoup parler de lui.

C'est le genre d'étude scientifique qui donne des frissons. Rappelez-vous. Un très sérieux docteur avait analysé un bol de cacahuètes, posé sur un bar. Il s'y "cachait" pas moins de 14 urines différentes. Révélatrice d'une mauvaise habitude, plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, l'étude a marqué Olivier Coddens. Puis il a observé les habitudes de ses collègues, de ses amis, des personnes qu'il croise aux toilettes. "Peu d'hommes se lavent les mains, effectivement. Les lavabos sont souvent peu nombreux, installés tout près de la sortie. On passe devant sans s'y attarder". 

Dessinateur en architecture, il planche régulièrement sur des projets de construction d'espaces publics. "L'espace réservé aux toilettes pour hommes est souvent trop grand!" Pour ces différentes raisons, il a donc conçu un mobilier d'un genre nouveau. "L'Urivabo", mi-urinoir, mi-lavabo. Petite démonstration: "au-dessus, vous avez un petit lavabo, avec détecteur de mouvement, pour actionner le robinet. L'eau s'écoule vers le bas, et peut servir à rincer l'urinoir. L'évacuation se fait par le bas. Deux en un, et une seule robinetterie, une seule tuyauterie pour l'ensemble".

Les premiers croquis datent de 2008. Il a fallu plus de 300 dessins avant d'atteindre la version finale. Design, résolument..."L'idée est que ce soit totalement customisable", nous explique Olivier. "Imaginez un musée, qui consacre une expo temporaire à Dali. On peut imaginer recouvrir complètement chaque Urivabo avec un motif cher à Dali. Si trois mois plus tard, c'est Chagall qui est à l'honneur, on peut changer le motif".

 

Pour tester son invention "grandeur nature", Olivier Coddens a prêté un prototype à l'hôpital Ambroise Paré de Mons. " Un exemplaire de l’Urivabo a été mis en test au CHU Ambroise Paré durant quatre mois", confirme Fabian Toubeau, responsable des équipes techniques. "Pour les infrastructures importantes comme notre hôpital, ce type de dispositif présente différents avantages dont les principaux sont un gain en matière d’économie d’eau mais également un gain de place. Et cela incite l’utilisateur à ne pas omettre de se laver les mains : un geste d’hygiène essentiel, notamment au sein d’un hôpital".

Patients et visiteurs ont pu donner leur avis. "J'ai récolté pas moins de 350 questionnaires. Globalement très positifs", affirme Olivier Coddens "Les gens m'encouragent, ils disent aimer le design, ou le côté écologique aussi". L'eau du lave-mains sert en effet à rincer l'urinoir. "J'estime qu'on fait 30 à 40% d'économies par rapport au système classique urinoir + lavabo".

Une première série en préparation

Place désormais à la fabrication des premiers Urivabo. "Cela doit se faire avec un petit artisan de la région de Charleroi". Avant de "se lancer", il voudrait des engagements fermes de la part de ses futurs clients. "Je pense que ça peut intéresser beaucoup de monde. Hôtels, restaurants, discothèques...mais aussi des cinémas, des musées, des hôpitaux...pourquoi pas dans les gares, les universités, les écoles". The sky is the limit, pour autant qu'il parvienne à convaincre les acheteurs de débourser 900 euros pour un Urivabo. "J'ai confiance, car quand vous voyez les prix actuels en matière de robinetterie, de vasques, de WC, on y est vite".

Passionné de dessin, créatif dans l'âme, Olivier Coddens peut passer des soirées entières sur son ordinateur. Sa fille aînée nous le confirme, "parfois on ne sait pas trop ce qu'il fait, avec ses dessins en 3D! Ici à la maison il a déjà conçu une table, deux lampes...et pas mal d'autres choses...C'est sa passion!"

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