Pour le MR, "Damien Thiéry est le seul bourgmestre légitime de Linkebeek"

Olivier Chastel rappelle que la bonne gestion des affaires communales par Damien Thiéry n’a jamais été remise en cause.
Olivier Chastel rappelle que la bonne gestion des affaires communales par Damien Thiéry n’a jamais été remise en cause. - © FILIP DE SMET - BELGA

La ministre flamande des Affaires intérieures Liesbeth Homans (N-VA) a nommé bourgmestre de Linkebeek le conseiller communal néerlandophone de l'opposition Eric De Bruycker (Prolink), lequel a indiqué qu'il acceptait le poste sous certaines conditions.

Les réactions politiques n'ont pas tardé, notamment du côté du MR, partenaire de la N-VA au fédéral, qui ne mâche pas ses mots après cette nouvelle manœuvre de la ministre flamande. "La ministre flamande des Affaires intérieures Liesbeth Homans s’entête dans son refus de la légitimité démocratique du bourgmestre de Linkebeek Damien Thiéry, indique le MR par voie de communiqué. Pour le MR, Damien Thiéry est le seul bourgmestre légitime de Linkebeek."

Une décision qualifiée par les libéraux de "totalement inacceptable", mais aussi "dommageable" pour la population linkebeekoise qui est ici la "première victime". Pour le président du MR, "il est difficilement envisageable qu’un conseiller communal de la minorité, sans aucune expérience de la gestion d’une commune et sans aucun appui parmi le collège échevinal, puisse exercer correctement la fonction de bourgmestre". Olivier Chastel rappelle d'ailleurs que la bonne gestion des affaires communales par Damien Thiéry n’a jamais été remise en cause.

"Cette décision comme toutes celles prises précédemment dans ce dossier depuis 2007 est de la seule compétence du gouvernement flamand, comme le prévoit la réforme de l’État de 2001. Un nouvel épisode qui tombe à la veille du conseil communal de Linkebeek. Damien Thiéry, qui conserve le soutien du MR dans ses démarches juridiques pour trouver une solution à ce problème communal, sera reçu demain dans l’après-midi par Olivier Chastel au siège du MR", précise encore ce communiqué.

Le MR laisse la N-VA "anéantir le suffrage universel"

Le président des FDF Olivier Maingain a réagi à cette nomination. Il dénonce une N-VA qui "rentre dans le MR comme dans du beurre". Selon lui, "c'est la faiblesse du MR face à la N-VA qui permet à la ministre Homans de procéder à un véritable coup de force contre la démocratie à Linkebeek en nommant comme bourgmestre un élu de l'opposition flamande, qui ne compte que 2 élus sur 15 conseillers communaux".

Ce faisant, a poursuivi Olivier Maingain, réagissant à cette décision de la ministre flamande, "la N-VA relance délibérément les conflits communautaires en périphérie bruxelloise et menace la loyauté fédérale".

"Si Charles Michel n'est pas capable de faire respecter la démocratie à Linkebeek, c'est qu'il n'a pas l'autorité d'un Premier ministre. A quoi sert-il d'aller défendre les droits de l'homme à la tribune des Nations unies si, au moment même, il laisse les mains libres à son partenaire privilégié, la N-VA, pour anéantir le suffrage universel", s'est encore demandé Olivier Maingain, annonçant qu'il interpellera Charles Michel à la Chambre "pour l'inviter à faire preuve de courage".

"Les droits des francophones de Linkebeek sont bafoués"

Elio Di Rupo (PS) demande pour sa part au Premier ministre d'inscrire le point en comité de concertation. Le président du parti socialiste dit regretter cette volonté d'imposer à une commune un bourgmestre issu de l'opposition et qui ne jouit pas de la confiance du conseil communal ni de la population.

"Par cette nomination, les droits des francophones et le choix des électeurs de Linkebeek sont bafoués, indique-t-il dans un communiqué. J'invite le Premier Ministre à inscrire le point à l'ordre du jour du prochain comité de concertation et je demanderai aux ministres socialistes des gouvernements wallon, bruxellois, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Communauté germanophone de soutenir le choix des électeurs linkebeekois."

En tout état de cause, Elio Di Rupo invitera ses collègues présidents de partis francophones à une concertation quant à l'attitude commune à adopter pour permettre le respect de la démocratie.

"Coup d'état communautaire"

Le cdh évoque quant à lui un "coup d'état communautaire". Par voie de communiqué, les humanistes indiquent qu'ils condamnent la décision de la ministre des Affaires intérieures flamandes, parlant de "démocratie bafouée".

"Une telle manœuvre relève du coup d'état communautaire, et constitue un viol qualifié des choix démocratiquement posés par les électeurs de Linkebeek, peut-on lire. Le cdH enjoint le MR d'arrêter d'accorder sa confiance aveugle à son partenaire N-VA, au détriment systématique des intérêts et des choix des francophones."

"Charles Michel peut-il encore donner le change?"

Coté Ecolo, Charles Michel et sa coalition sont visés: "Les promesses n'engagent que ceux qui y croient" est plus que jamais d'actualité. Charles Michel peut-il encore y croire et donner le change?". Pour les écologistes, la NVA impose seule l'agenda communautaire: "S'il veut encore être crédible comme chef de file de ce Gouvernement, Charles Michel doit arrêter de jouer à l'autruche et de considérer que tout ce qui se passe en dehors de son Gouvernement ne le concerne pas!", déclarent Zakia Khattabi et Meyrem Almaci.

 

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