Pour la première fois, un double assassinat sera jugé à Charleroi

Suite à la réforme de la justice, il y a la possibilité de correctionnaliser les crimes.
Suite à la réforme de la justice, il y a la possibilité de correctionnaliser les crimes. - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

Ce lundi marque le coup d’envoi d’un procès un peu particulier devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Un procès pour un double assassinat survenu en 2014 à Gerpinnes. Un père est accusé d'avoir abattu son fils et sa belle-fille. 

Il y a quelques mois encore, une affaire comme celle-là aurait été jugé devant une cour d'Assises. Mais la réforme de la justice du ministre Geens est passée par là.

Cette loi qui est entrée en vigueur début 2016. Parmi les nouveautés apportées par cette réforme, il y a cette possibilité de correctionnaliser les crimes. Ce sera donc le cas ici. Et c'est la première fois qu'un double assassinat sera jugé à Charleroi.

L'affaire concerne un homme d'une cinquantaine d'années, Yilmaz Cakmak, vendeur de voitures dans la région de Charleroi. Le 26 juillet 2014, il s'est présenté au commissariat de Walcourt en déclarant avoir tué, à l'aide d'une arme à feu, son fils, Michael (33 ans), et Déborah, sa belle-fille (âgée de 28 ans). Les deux corps seront retrouvés dans leur villa de Gerpinnes.

Mais après ses aveux, Yilmaz Cakmak changera radicalement de version lors de la reconstitution des faits et niera toute participation dans ce double crime. Aujourd'hui, il reste toujours sur cette position.

Quant au mobile, les enquêteurs ont suivi la piste d'un conflit dans la gestion de l'entreprise familiale. Le père gérait avec ses fils un garage de voitures d'occasion, mais reprochait à Michael de dilapider l'argent de la société pour mener la grande vie et faire plaisir à sa compagne. Le couple était d'ailleurs très endetté.

Ce sont trois juges professionnels, et non pas un jury populaire, qui devront démêler cette affaire. L'accusé risque 20 ans de prison, la peine maximale qui pouvait être prononcée à l'époque des faits en correctionnel.

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