Pollution PCB à Obourg: pas de danger immédiat pour la santé de la population selon le bilan environnemental

En mai dernier, deux fermes étaient déclarées contaminées aux PCB à Obourg, près de Mons. Des aliments pour le bétail étaient saisis par l'AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) pour éviter de contaminer les consommateurs. Dans la foulée, une étude environnementale était commandée par Céline Tellier (Ecolo), la Ministre wallonne de l’environnement, à l’issue de sa rencontre avec les acteurs locaux à Obourg.

Aujourd’hui, les résultats de ce bilan sont connus, ils sont présentés ce vendredi soir au Calva d’Havré au cours d’une réunion citoyenne.

"Le niveau de risque montre qu’il n’y a pas de danger immédiat pour la santé de la population mais nécessite de prendre des mesures préventives en cas d’exposition chronique".

Voici ce que comprend entre autres ce bilan:

  1. les premiers résultats des mesures de polluants dans des végétaux et des œufs produits localement. Deux campagnes de mesures ont été effectuées cet été avec la participation de plusieurs citoyens ;
  2. Une pré-étude cartographique de la zone avec les émetteurs de pollution potentiels et les points sensibles (écoles, maisons de repos, crèches…) ;
  3. Un rassemblement de toutes les données disponibles sur la qualité de l’air, la caractérisation des émissions, la qualité des eaux ;
  4. Une détermination du panache de dispersion des poussières pour le broyeur et la cimenterie ;
  5. Des prélèvements d’échantillon de sol et de poussières sédimentables à l’intérieur de bâtiments ou d’habitations ;
  6. Un prélèvement des effluents gazeux à la cheminée et des effluents liquides ;
  7. Une détermination des concentrations en dioxines et PCB ;
  8. Une interprétation des résultats en termes de risque.

La ville de Mons indique que "Le niveau de risque montre qu’il n’y a pas de danger immédiat pour la santé de la population mais nécessite de prendre des mesures préventives en cas d’exposition chronique".

Ces résultats ont été présentés aux entreprises COMET SAMBRE et HOLCIM, aux citoyens ayant participé à l’étude et aux agriculteurs. 

Pour les citoyens, la ville de Mons note que les conclusions à retenir sont les suivantes :

  • Les analyses ont montré les effets additionnés de deux réalités bien distinctes : une pollution historique dont la localisation est disparate dans l’espace et un dépôt de poussières plus récentes ;
  • Les analyses de sols ne permettent pas de déterminer l’origine de la pollution, ni de définir la responsabilité respective des deux entreprises (HOLCIM et COMET SAMBRE) se situant à proximité des parcelles échantillonnées ;
  • En ce qui concerne la chaîne alimentaire commerciale, l’AFSCA, sous la responsabilité du Ministre fédéral de l’Agriculture, Denis Ducarme, a bloqué temporairement les deux exploitations agricoles. Les investigations de l’AFSCA se poursuivent ;

Les mesures de précaution à prendre pour les citoyens:

  • Se laver fréquemment les mains en redoublant de vigilance pour les enfants de 0 à 2 ans ;
  • Veiller à éliminer un maximum de poussières des habitations ;
  • Limiter la consommation d’œufs produits autour de la zone industrielle.

En ce qui concerne les élevages de poules et afin de réduire le risque de contamination des œufs, voici les recommandations du SPF Santé Publique à l’échelle belge :

  • Limiter les contacts de la poule avec le sol nu (terre) et de mettre de l’herbe au sol
  • Paver l’intérieur du poulailler ;
  • Prévoir un point de nourrissage à l’intérieur du poulailler ;
  • Prévoir un espace suffisant par poule (10 à 25 m² par poule).

L’ensemble de ces recommandations se trouve sur le site http://environnement.sante.wallonie.be  

La Région wallonne poursuit les actions suivantes 

"1/ L’entreprise COMET SAMBRE a procédé à l’installation d’un nouveau filtre afin de respecter les normes plus sévères imposées par la Wallonie en diminuant les émissions canalisées et diffuses de polluants. Les tests sont en cours pour vérifier l’efficacité de cette nouvelle installation.

2/ Le 11 septembre dernier, la Ministre de l’Environnement, Céline Tellier, a plaidé auprès du Commissaire européen Virginijus Sinkevicius pour une harmonisation européenne de ces normes imposées aux broyeurs à métaux. Pour rappel, la Wallonie a imposé dès 2018 les normes les plus sévères d’Europe en la matière.

3/ Une étude sur la caractérisation des flux entrants dans les broyeurs a également été demandée : il s’agira d’écarter du broyage un maximum de produits contenant les polluants concernés".

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