Pollution de l'Escaut: deux à trois ans avant un retour à la normale en Wallonie

Deux à trois années seront nécessaires avant un retour à la normale pour la biodiversité sur les 36 kilomètres de l'Escaut en Wallonie, a indiqué lundi Nicolas Yernaux, porte-parole du Service public de Wallonie (SPW). La rupture début avril d'une digue industrielle en France a conduit à une pollution majeure du fleuve en France et en Belgique. En Flandre, les opérations d'oxygénation de l'eau ont permis d'éviter la catastrophe.

La nuit du 9 au 10 avril dernier, la digue d'un bassin de décantation s'est rompue au sein de la sucrerie Tereos en France. Quelque 100.000 mètres cubes de boues résultant du lavage des betteraves se sont déversés dans l'Escaut, permettant aux bactéries d'extraire des quantités massives d'oxygène de l'eau.

Malgré l'existence d'une procédure d'alerte internationale, les autorités française n'ont pas informé leurs homologues belges, d'après le SPW. Ce n'est que le lundi 20 avril que la Wallonie a été avertie de la pollution en cours, via l'appel d'un riverain au numéro 1718 dédié aux urgences environnementales, a précisé Nicolas Yernaux.

"On n'a pu que limiter les dégâts", a-t-il regretté. L'administration wallonne estime qu'entre 50 à 70 tonnes de poissons sont morts depuis l'incident côté wallon, une centaine en comptant la mortalité piscicole française. Seul 1% a été sauvé.

Le week-end dernier, le SPW Mobilité a récolté les poissons morts afin de réduire les nuisances (principalement les odeurs). Les opérations de ramassage, aux barrages notamment, sont désormais terminées.

Les autorités wallonnes ont directement averti le gestionnaire des cours d'eau en Flandre, ce qui a permis à celui-ci de réagir vite. La majeur partie des poissons a pu être sauvée au nord du pays grâce à des dispositifs d'oxygénation de l'eau, à des stations d'épuration et à la relocalisation de poissons en eaux saines.

"La catastrophe écologique a pu être évitée en Flandre", a confirmé lundi le Vlaamse Waterweg, qui gère les cours d'eau.

"Avec les poissons sauvés côté flamand, on peut espérer un rempoissonnement naturel d'ici deux à trois ans en Wallonie, les poissons remontant l'Escaut depuis la Flandre", a expliqué Nicolas Yernaux.

En attendant, c'est un dysfonctionnement administratif, judiciaire et politique qu'il va falloir éclaircir. Le SPW est toujours en attente des procès verbaux dressés en France pour déterminer l'origine de la pollution. Sur cette base, les autorités wallonnes pourront elles aussi dresser leurs PV.

D'après le SPW, il s'agit d'une infraction environnementale du 2e degré, punissable jusqu'à un million d'euros. La Wallonie se constituera également partie civile pour réclamer des dommages et intérêts. Mais la procédure risque de durer.
 

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