Pollution au PCB d'Hennuyères: 11 ans après les faits, le procès s'ouvre à Mons

La pollution a notamment touché le Coeurcq, à Tubize, et les étangs qu'il alimente
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La pollution a notamment touché le Coeurcq, à Tubize, et les étangs qu'il alimente - © S. Vandreck

L'affaire remonte à avril 2007: un peu par hasard, lors d'un contrôle de routine, l'AFSCA décèle un taux de PCB anormalement élevé dans le lait des vaches d'un fermier d'Hennuyères (Braine-le-Comte). Le produit étant hautement toxique, les 170 bêtes du cheptel doivent être abattues et le lait détruit. Le troupeau a été contaminé en s'abreuvant dans une mare alimentée par le ruisseau voisin, dans lequel se déversent les eaux en provenance du zoning des Tuileries tout proche. C'est là qu'aurait été déversé directement dans l'égout le produit polluant.

Une pollution qui a touché plusieurs cours d'eau

Le produit a continué son parcours dans les ruisseaux de Favarche et du Warichaix à Hennuyères, puis dans le Coeurcq à Tubize, avant de rejoindre la Senne. Ce cours d'eau alimente des étangs de pêche de Tubize, eux aussi touchés. Depuis cette pollution, les poissons qui y sont pêchés sont impropres à la consommation et doivent être rejetés à l'eau vivants après leur prise. Les dernières analyses des cours d'eaux et étangs indiquent qu'ils sont à présent assainis, sauf quand le débit est faible: là, le taux de PCB reste légèrement supérieur au taux autorisé. "Idéalement, il faudrait désenvaser complètement les étangs, emmener la boue, remettre de l'eau et laisser le temps faire son œuvre, commente Jean-Pierre Fumière, le représentant des pêcheurs. Mais c'est un budget trop important". 

Dix prévenus

Les pêcheurs se sont constitués partie civile, mais aussi la commune de Tubize, propriétaire des étangs, celle Braine-le-Comte, et la province de Brabant wallon, qui réclament que le pollueur soit clairement identifié et finance les travaux d'assainissement. C'est tout l'enjeu de ce procès. Dix prévenus comparaîtront en tout, parmi lesquels l'exploitant du zoning, qui estime avoir payé sa part de la dépollution, ainsi que son locataire. C'est ce dernier qui aurait déversé le produit contenu dans un transformateur dans le réseau d'égouttage. Le transporteur qui a amené ce transformateurs sur le site est également poursuivi. Tous doivent répondre de diverses infractions à la législation sur les produits polluants.

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