Policière infanticide de Waremme: Guy Coëme appelé à la barre

Ce vendredi, c’était au tour de Guy Coeme (ex-bourgmestre de Waremme) d’être entendu dans ce procès.
Ce vendredi, c’était au tour de Guy Coeme (ex-bourgmestre de Waremme) d’être entendu dans ce procès. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le tribunal correctionnel de Liège a poursuivi vendredi l'examen du dossier reproché au chef de zone de la police de Hesbaye Daniel François et à son adjoint Alain Michelet, suspectés d'avoir involontairement causé la mort de la policière Sandra Koch et de sa fille par défaut de prévoyance.

Sandra Koch avait tué sa fille et tenté de tuer son fils en novembre 2011 avant de mettre fin à ses jours en décembre 2012.

Sandra Koch se disait harcelée par ses supérieurs

Cette policière de quartier à Waremme aurait été victime d'un contexte de harcèlements et de traitements dégradants de la part de ses supérieurs.

Plusieurs témoins ont évoqué le contexte relationnel difficile qui existait entre la policière qui adorait son travail et ses supérieurs qui, avec un manque de dialogue, lui reprochaient d'être trop pointilleuse.

Une déléguée syndicale a confirmé que Sandra Koch s'était sentie harcelée et qu'elle avait voulu déposer plainte avant d'apprendre qu'elle était mutée à Crisnée. Cette décision de mutation aurait été prise avant même que Guy Coëme, le bourgmestre de Waremme, s'apprête à intervenir pour apaiser la situation.

"Nous attendions d'elle qu'elle fasse preuve de plus d'humanité"

Guy Coëme a précisé lors de son témoignage qu'il avait été perturbé en apprenant la mutation de Sandra Koch vers Crisnée. Par contre, il n'a pas confirmé avoir demandé d'inverser l'évaluation négative qui avait été dressée contre la policière. Il a affirmé qu'il avait demandé, dans une démarche favorable à la policière, de suspendre cette procédure d'évaluation. "Nous attendions d'elle qu'elle fasse preuve d'un peu plus d'humanité à l'égard des citoyens", a précisé Guy Coëme.

Un commissaire de brigade a par ailleurs indiqué que Daniel François était capable de colères extrêmes, de faire peur et d'humilier ses policiers lorsqu'il s'agissait d'organiser le travail sur sa zone de police. Quant à Sandra Koch, elle était apparue excessive et bornée dans sa manière de verbaliser les infractions de roulage.

Les prochaines audiences auront lieu les 21 et 28 février prochains.

Les Smart phones de témoins confisqués avant leur comparution

Les débats relatifs à cette affaire suscitent un intérêt médiatique. Un média couvre les audiences en direct depuis la salle du tribunal. Les déclarations des personnes qui déposent à la barre sont donc immédiatement publiées et disponibles sur Internet.

Cette évolution de la méthode de travail des journalistes, rendue possible grâce à l'utilisation des nouvelles technologies de communication, a fait naître un incident lors d'une audience précédente. Les témoins convoqués, placés dans une salle d'attente car ils ne pouvaient assister à l'audience avant d'avoir été entendus, avaient suivi le déroulement de l'audience par l'intermédiaire de leurs Smart phones.

Vendredi, en début d'audience, la présidente Isabelle Decocq a fait saisir par l'huissier d'audience les Smart phones de tous les témoins avant leur comparution, dont celui de l'ex-bourgmestre de Waremme Guy Coëme. "C'est une mesure unique, à mon sens encore inédite, qui a été prise afin de garantir que les témoins ne seront pas influencés par les déclarations de ceux qui les ont précédés à la barre", a indiqué l'avocat de Guy Coëme, Me Eric Lemmens.

RTBF avec Belga

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